La première fois que je comprends que Taratata est une émission de télé
D'emblée, avec un titre pareil, je passe pour une belle quiche. Mais j'assume.
En allant assister à l'enregistrement de Taratata hier, je pensais vivre une sorte de petit concert privé, avec un son d'enfer, une ambiance de feu, une proximité brûlante entre artistes et public.
Je m'étais enfoncé le doigt dans l'oeil, et bien profond.
Taratata est une émission de télé. Elle est faite pour les téléspectateurs, non pour le public sur place qui ne sert que de faire-valoir à l'émission. Nous sommes les éléments d'un spectable qui ne nous est pas destiné. Comme une plante sur une scène de théâtre, un figurant dans un film, un bruitage dans une série télé. Point barre.
Dès lors, tout s'explique. Le son très mauvais sur le plateau faute de retour. L'absence totale de spontanéité des réactions du public, guidé par un chauffeur de salle méprisant - et assez mauvais au reste ; Nagui est bien meilleur pour ce travail. La clim réglée à 16 ° de manière à éviter qu'une goutelette de sueur en vienne à perler sur le front de ceux qui passent à l'écran, quitte à ce que 300 spectateurs ramènent une pneumonie en souvenir. Ainsi que l'absence d'échanges entre artistes et spectateurs - sauf Olivia Ruiz, et Diam's dans une moindre mesure, qui m'ont agréablement surpris.
Autant vous dire que l'apparition d'Etienne Daho n'avait rien mais alors rien à voir avec ce qui se produit sur une scène de concert. Il a commencé par interpréter "Comme un boomerang", en solo, mais avec des violons, et a enchaîné avec "Obsession", le probable second single à sortir. S'ensuivit un interview d'une dizaine de minutes où le pauvre Etienne a été amené à radoter son discours bien rodé de promo, les questions posées étant à peu près toujours les mêmes : la chanson inspirée de Ronsard, le père qui se pointe à l'Olympia après des années d'absence et voit son nom à l'affiche car il s'appelait aussi Etienne ("surréaliste", bien sûr), le juke-box des grands-parents à Cap Falcon en Algérie (j'aurai au moins appris que "Falcon" ne se prononce pas à l'anglaise, le [on] étant le même que dans "jambon"), etc.
Vu des gradins (où l'on est très mal assis), Etienne paraît bien petit, à peine plus haut que Nagui qui, lui-même, ne dépasse probablement que de très peu notre Président-du-pouvoir-d'achat-mon-cul. Et cette mèche... Je suis prêt à signer la première pétition venue qui exigerait la suppression définitive de cet attribut capillaire disgracieux et générateur de tics. La mèche, ça va pour Milo Ventimiglia/Peter Petrelli dans la saison 1 de Heroes, mais c'est tout (et encore...).
Diffusion en décembre sur France 4. Il y a peu de chances que vous m'aperceviez. Avec Snooze - qui s'est abstenu de tout orgasme sonore - on était placés derrière les batteries, loin de la zone d'interview.
L'anecdote "Plus" du blog des premières fois : en fin d'émission, tous les invités se rejoignent sur le plateau. Alors que le tournage avait cessé, l'un des membres du groupe Rooney, désireux de garder un souvenir de l'émission, a confié à Etienne - qu'il ne connaissait visiblement ni d'Eve ni d'Adam - son appareil numérique en lui demandant de prendre une photo des cinq membres de la formation ! Sympa, malgré une certaine surprise d'être confondu avec le premier régisseur venu, Etienne a pris le cliché.








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