La première fois (de Bertrand) que j'ai eu la honte de ma vie
Bertrand m'a envoyé sa honte, précédée de plein de compliments sur mon blog, ce qui n'est pas trop désagréable :-)
Lisez et vous abonderez en mon sens : Bertrand devrait ouvrir un blog.
edit 14/07/07 19:14 : ça n'a pas traîné, Bertrand a ouvert son blog ! c'est ici que ça se passe
En juillet 2000, grace à un bon plan trouvé par mon père, je pars un mois et demi en vacances à New York. 19 ans, premières vacances en solo sans papa-maman, à 5000 km dans une famille super sympa et, disons, très aisée.
En me promenant dans Manhattan, parmi toutes les choses qui m'émerveillaient ou me surprenaient, je constate que les new-yorkais sont très branchés salles de sport, ce que j'ai, personnellement, toujours trouvé rédhibitoire: le plan appareils de muscu et compagnie dans une salle hyper éclairée avec la musique à fond et des miroirs partout, bof. Et surtout, je l'avoue, l'idée de me retrouver, un peu gringalet, à côté de bombes anatomiques à la plastique parfaite, made in USA, n'est pas un concept censé me remonter le moral mais plutot me le miner en repartant avec trois tonnes de complexes.
Mais bon, suis quand même un minimum sportif, je n'ai jamais mis les pieds dans ce genre de salles et il y en a justement une au sous-sol de l'immeuble où je réside temporairement. Ca serait quand même dommage de passer à coté d'une telle occasion.
Me voici donc en direction du Nike Town de la 58ème Est, à la recherche d'un short de running et de la casquette Nike assortie. Je suis sur le point de franchir une étape importante de ma vie, la salle de sport, autant jouer le jeu à fond, super stylé etc.
Ayant revêtu ma tenue de combat du parfait petit ricain qui prend soin de lui, boosté à bloc, la démarche insolente et sur de soi, je pénétre dans l'antre du body building. Il y a deux autres jeunes qui habitent l'immeuble (heureusement pas deux bombes anatomiques du style qui défilent sur les chars de la gay pride en juin), "hey, how are you doing" etc.
Pleinement conscient de mes limites tant physiques qu'intellectuelles, j'évite les appareils de muscu, d'une part parce que je sais que je tiendrai pas plus de deux minutes montre en main, d'autre part, parce que je ne sais pas comment ça marche et je n'ai pas envie de passer, en public - même restreint - deux heures à essayer de comprendre comment dompter cette putain de machine de torture.
Ok, donc il me reste soit les vélos (jusque là, j'arrive à peu près à savoir ce qu'il faut faire) ou les tapis de course. Ben tiens, v'là pour le tapis de course.
Je ne remarque pas qu'il y a une petite boite en plastique pour déposer ses clés et autres choses qui pourraient se trouver dans mes poches. En total look Nike, les clés de l'appart dans la poche de mon short flambant neuf, je mets en route la machine et je commence mon jogging tout en regardant un talk show à la TV (on est aux USA, y a des TV partout...).
Au bout de seulement quelques minutes, les clés qui se baladaient tranquillement dans ma poche au rythme d'une foulée digne d'un marathonien (au moins ouais...) tombent sur le tapis.
Arf. Zut! Qu'est que vous faites, vous, quand vous courez, que quelque chose tombe et que vous voulez le ramasser?! Ben tout simplement vous vous arrêtez de courir, vous vous penchez et vous récupérez ledit objet.
Mouais sauf que le tapis, lui, ne s'arrête pas!
Résultat, je stoppe net ma course, me penche, le tapis lui, me projette direct en arrière et je me retrouve le cul parterre, le genou droit brulé par le tapis, sous les yeux catastrophés des deux autres jeunes qui étaient là et qui se sont rués sur le maudit appareil pour l'arrêter en urgence.
Je me relève, les remercie, prends un air tout à fait cool du style "tout va bien" alors que je sens que j'ai les joues en feu par la honte phénoménale d'être passé pour le frenchy qui se retrouve pour la première fois sur un tapis de course et mon genou droit qui me fait horriblement mal entre le choc de la chute et la brulure.
Mon égo (surdimensionné) de mâle en ayant pris un sacré coup, je remonte sur ce putain de tapis, pense, cette fois, à vider mes poches dans le vide poche et tente (vainement) de continuer mon footing histoire de sauver ce qui peut encore être sauvé de dignité...
Après un délai que je qualifierais de raisonnable (une demie-heure), je quitte la salle et monte dans le hall me livrer à une activité que je maitrise beaucoup mieux et qui m'apparait soudainement beaucoup moins dangereuse, me fumer une clope sur le trottoir.
Et là je tombe sur le portier, qui peinait à masquer son amusement et qui me demande comment va mon genou, ayant pu à loisir mater la scène sur son écran de contrôle...
Je suis retourné deux autres fois en vacances là-bas depuis et je n'ai plus jamais mis les pieds dans cette salle, ni dans aucune autre salle de sport dans le monde. Les footing c'est nettement mieux dans les parcs, en plein air, sur du vrai sol, y compris pour mater les autres coureurs...
Demain, la première fois (de Parapluie) que j'ai eu la honte de ma vie.


il m'est arrivé à peu près la même chose en regardant tomber mon lecteur de mp3 sur un tapis de course de la salle de gym d'un hotel au cambodge...
grâce à toi je me sens moins seul...
Rédigé par: les tamaris | le 14/07/2007 à 13:17
Tous les prétextes sont bons pour ramasser un truc tombé par terre, comme la savonette par exemple :o)
Rédigé par: MarcelD | le 14/07/2007 à 23:35