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La première fois (de Matoo) que j'ai eu la honte de ma vie

Quand y'en a plus, y'en a encore. Après les hontes de moi, Jonas, Rouge-cerise, Se non è vero, About nothing, Gauthier, Les Tamaris, Kitt, Patapouf, Peio, Mamaisonàlagrenouilleàlaplacedesratscrevés, Marina, Margondin, Ninouch, Boulba, Ioio et Chondre, voici celle de Mickey Matoo.

Et c'est très très drôle.

Vraiment, Matoo c'est pas un Mickey.

Matooblog_2 

Ma première Honte-Pride

Oui j’ai du inventer un concept pour évoquer cette première honte, car je ne peux pas vraiment dire que j’avais honte sur ce coup là. A l’origine, il s’agissait même d’une grande fierté et revendication personnelle, les prémices même d’une émancipation à venir. C’est ensuite que j’ai compris la portée de mon geste, et que j’ai véritablement traduit ce que pouvait ressentir mon père, ainsi que l’attitude de ma mère à me laisser aller à mes désirs fantasques. Honteux, donc oui un peu, mais plutôt à beaucoup en rire aujourd’hui, et surtout tellement conscient de l’ingénuité et la candeur totale avec laquelle j’ai fait tout ça.

J’avais 7 ans, et j’étais un immense fan du Journal de Mickey. D’ailleurs c’est bien simple, j’adulais Mickey et toute la smala, les Donald, Picsou, Dingo, Pluto, Riri, Fifi et Loulou ! Je lisais religieusement toutes les semaines les numéros à la souris américaine, et je dévorais l’été les Mickey Parade, Picsou Magazine et autres sommes remarquables qui ont nourri l’ineffable imagination mes vertes années. Il y avait un truc que j’adorais dans ces publications, c’est que périodiquement, à la manière d’un « Pif Gadget », on y trouvait des jeux à détacher, ou bien des petits bricolages qui m’ont souvent plus amusé et occupé que les jouets compliqués de mes noëls et anniversaires.

Et puis un jour, j’ouvre mon Journal de Mickey, et que vois-je en couverture ? Un super cadeau !!! WAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !!! C’était ça :

Oreilles_de_mickey

Et là, je jubile direct ! J’arrache l’emballage plastique, je fonce à la salle de bain, je chope un tabouret au passage (car je ne me voyais pas bien dans le miroir sinon), je chausse mon serre-tête aux oreilles de Mickey, et je regarde. Génial !!! Je me rappelle d’avoir été complètement ébahi par ma ressemblance avec Mickey. C’était tout simplement le bonheur, la jouissance suprême, j’étais enfin Mickey ! C’était frappant comme les oreilles me seyaient à merveille, et en quelques secondes, je comprenais que je n’étais pas prêt de les ôter.

Evidemment, je cours vers ma maman pour lui montrer ma révélation, mon illumination mystique, mon incroyable ressemblance avec mon héros musqué.  Celle-ci rigole, me dit que je suis très beau comme toujours, et elle appelle mon père. Il se marre, et trouve la connerie sympathique. Fort de ces signes d’encouragement, je décide de porter fièrement ces lauriers, et de chausser haut les oreilles de Mickey.

Là où ça se gâte c’est quand il est l’heure de faire les courses… Et que je me pointe dans la voiture avec mes oreilles ! Mon père me demande de les retirer en disant que je vais avoir l’air d’un con. Offusqué, je réponds que je veux les garder, que ça me plaît comme ça, et que j’ai envie de mettre mes toutes nouvelles oreilles. Ma mère un peu surprise rassure mon père en lui disant que je les retirerai sans doute en arrivant moi-même, et me rassérène en me permettant de les garder pour le voyage.

Mais voilà, une fois arrivé à l’hypermarché, je ne veux pas les retirer. Je tiens bon, et mon père fulmine (« Ah nan hein, moi je ne rentre pas à Auchan avec ces oreilles de Mickey à la con ! »), tandis que ma mère dédramatise (« Oh là là, c’est mignon, c’est un môme, ça lui fait plaisir, on s’en fouuuuut. »).

Résultat, j’ai conservé mes attributs disneyiens, et je me suis pavané dans le magasin accompagné de mon père qui se cachait derrière le caddie, et de ma maman qui faisait semblant de rien. Evidemment les gens me regardaient en faisant de grands sourires ou en riant, ce qui m’a conforté dans le bienfondé de ma démarche, et ma frappante ressemblance avec Mickey. Heureusement pour mon père, je n’ai pas beaucoup insisté avec ces oreilles. J’ai aussi compris quelques temps après que j’avais eu l’air très con, mais c’était compensé par le souvenir de bonheur extatique que m’avaient procuré ces appendices de rongeur.

Du coup, c’était certainement une de mes premières hontes, mais avec le recul, j’adooooooore avoir fait ça. J’ai du rater ma vocation de Drag-Queen !

Matoo_oreilles_mickey

Il est encore possible de me faire parvenir la première fois où tu as eu la honte de ta vie à cette adresse.

Commentaires

genial ;) top tp top :p

bhein c'est bien pour ça que je ne comprends pas ceux qui achètent ces oreilles là à Disney. Ils les portent durant leur séjour dans le parc, mais une fois sorti, ça me paraît difficile de les garder sur la tête :-)

Sinon, j'étais fan de Picsou moi ! Il se baignait dans son fric... trop la classe quand même :-)

ça va encore... ç'aurait pu être les oreilles de minnie avec le gros noeud à pois au milieu ! :-)

trop la honte, mais qu'est ce c'est drôle, j'en ai mal au bide.

La ressemblance est frappante. Dis, ça fait quoi d'avoir un parc en ton honneur aujourd'hui ? ;-)

Ma fille m'a autrefois, fait le coup avec un costume de Barbie...
J'ai laissé faire quand une copine psychologue m'a expliqué que la "frustration provoquée par l'interdiction pouvait créer chez elle un sentiment d'identification encore plus fort"... Aujourd'hui elle porte des jeans et des pulls informes, Ouf sauvé(e)s...

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