La première fois (de Nanaimo du Blog About Nothing) que j'ai eu la honte de ma vie
J'ai déjà eu l'occasion de dire tout le bien que je pensais du Blog about nothing (B.A.N.). Et c'est pas le texte envoyé par son tenancier qui va me faire changer d'avis, oh non ! De nouveau, ça parle d'avion, à croire que c'est une marotte chez lui (ou alors qu'il y passe une bonne partie de sa vie, pas autant qu'une hôtesse mais pas loin). J'aime tout particulièrement la fin de cette honte de sa vie. C'est du B.A.N. tout craché d'aller titiller ainsi l'absurde.
C’était il y a quelques années dans un A320 en revenant de Tel Aviv où le boulot m’avait conduit.
C’était le temps ou l’on voyageait encore en classe affaire sur ce type de destination.
Pour des raisons qui m’échappent, les vols Paris-Tel Aviv sont en tous points identiques aux vols Europe : en matière de service, un Paris-Tel Aviv ressemble beaucoup à un Paris-Francfort en beaucoup plus long et sans les Allemands en short.
Ce qui est étonnant, c’est que les Paris-Beyrouth que je prenais aussi pas mal à l’époque présentent eux le service que l’on trouve dans les vols longs courriers, c'est-à-dire qu’en classe affaire tout n’est que luxe, calme et volupté. Et comme j’avais fait un Paris-Beyrouth la semaine d’avant, j’étais comme qui dirait un peu ronchon de baisser comme ça de niveau de confort alors même que la distance et le prix du billet étaient comparables au vol précédent.
Un peu après le décollage, à l’heure du dîner, on nous a servi deux micro sandwichs. A peine englouti ce dîner frugal, je me suis précipité sur la fiche de satisfaction encartée dans la revue Air France, en leur disant tout le mal que je pensais de ce service minimaliste, c’est une honte de faire payer les gens aussi cher pour les affamer etc etc avant de glisser rageusement la page déchirée à la va vite dans l’enveloppe et de la remettre à l’hôtesse.
Un moment plus tard, la chef de cabine vient me voir :
Elle : « Monsieur, vous avez rempli une fiche de satisfaction, y a-t-il un problème ? »
Moi : « Ben oui quand même c’est un peu léger comme dîner non ? »
Elle avec un sourire : « Ah mais non monsieur le dîner on va vous le servir maintenant, ça c’était un grignotage apéritif »
Moi de plus en plus rouge : « ah ? euh, peut-être vous pouvez me rendre ma fiche ? ».
La suite du vol a été un cauchemar, je pense que j’étais le sujet de conversation préféré dans le galley puisque qu’un peu plus tard une autre hôtesse est venu me voir hilare pour me demander : « Alors on pensait qu’on allait pas vous donner à manger ? ».
Ce qui est terrible dans une situation comme ça, c’est que la fuite est impossible et que creuser un trou pour se mettre dedans n’est pas une option. J’ai vécu le reste du vol avec l’angoisse d’une annonce du capitaine du style : Mesdames messieurs votre commandant, nous avons atteint notre altitude de croisière de 33.000 pieds et je souhaite un très bon appétit au passager du siège 2B qui pensait qu’on n’allait pas lui donner à manger.
[demain ça va causer cul ; eh oui, demain c'est la première fois (de Gauthier) que j'ai eu la honte de ma vie, et c'est assez funky je vous préviens]



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