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La première fois (de Se non è vero) que j'ai eu la honte de ma vie

Le blog de Se non è vero, il est classe de chez classe. C'est un petit bout d'Italie électronique. Et il écrit bien le gars en plus ! On a presque du mal à croire qu'il ait pu avoir un jour une honte de sa vie. Et pourtant si, et elle est pas mal comme teu-hon... Le genre de trucs qui pourrait tout à fait m'arriver, si ce n'est qu'à 16 ans, je ne sortais pas au Macumba.

Senonvero Je crois que c’est la plus lointaine dont je me souvienne aussi bien comme une grosse honte qui tue. Je devais avoir quinze ou seize ans, dans ma cambrousse. Je suivais mes copains qui allaient en boîte. On n’était pas des mordus, on y allait un peu pour rigoler. Car attention, c’est la boîte de cambrousse : celle qui rassemble un peu tout le coin, les minettes peinturées, les lycéens ou les mecs qui attendent toute la soirée le premier mauvais geste pour se faire une bonne baston sur le parking.

On pénètre en groupe, on se faufile l’un derrière l’autre pour traverser une piste de danse, passer entre les tables, prendre l’escalier qui monte à l’autre salle. Je n’y voyais pas très clair, je devais être un peu bourré, mais bon, le pote que je suivais avait les cheveux longs, une chemise à carreau. Facile à suivre. Un peu de cohue. Hop, je retrouve les cheveux longs et je continue de suivre. On monte jusqu’aux tables. Là, mon copain sert la main de tout un groupe assis à une table. Il me semble que je ne connais personne, mais bon, je serre la main aussi et je m’assois. Parfois, ce sont d’autres bandes du lycée que l’on retrouve, que certains connaissent et d’autres pas. Mais là, même de vue, pas moyen de savoir de qui il s’agit. Tant pis. J’ai dû rester assis quelques minutes, à regarder à droite, à gauche, un peu la piste, un peu le cendrier, un peu les yeux de mes commensaux qui avaient l’air également de se demander qui j’étais.

Et puis j’ai tourné vers mon pote aux cheveux longs, sans doute pour lui demander où étaient passé les autres. Et là, horreur : ce mec aux cheveux longs n’était pas du tout mon pote ! Un parfait inconnu ! Pas super souriant ! Que j’avais sans doute suivi depuis la cohue des escaliers ! Et je me trouvais depuis cinq minutes à sourire bêtement au milieu d’un corps étranger qui devait produire secrètement une grosse dose d’anticorps !

Je me souviens avoir hésité trois millisecondes entre me barrer très vite ou raconter l’origine de ce savoureux quiproquo à mes nouveaux amis. Je voulais vraiment qu’ils sachent qu’il y avait un semblant d’explication logique à ma présence parmi eux ! Que c’était très rationnel ! Et que l’on pouffe tous ensemble à cette facétie de la vie ! Mais j’ai détalé, en gardant mon secret et en buvant ma honte :-)

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