« La première fois (de Blouba) que j'ai eu la honte de ma vie | Accueil | Mon premier concert de Zazie / la première fois que je m'embrouille avec des camionneuses alcoolisées »

La première fois (de ioio) que j'ai eu la honte de ma vie

Aujourd'hui, après les première honte de Jonas, Rouge-cerise, Se non è vero, About nothing, Gauthier, les tamaris, Kitt, Patapouf, Peio, mamaisonauxratscrevés, Marina, Margondin, Ninouch, Boulba, c'est mon camarade de section ioio qui s'y colle. On réalise qu'en CM1 il était encore loin d'avoir l'esprit socialiste !

Ioio La dernière fois que j’ai eu la honte de ma vie est sans doute la semaine dernière quand j’ai réalisé avec effroi que ma cocopine avec qui j’étais entrain de papoter attendait depuis un mois que je lui souhaite son anniversaire, mais je ne suis pas là pour vous raconter ça.

Je ne sais pas si c’est la première fois, ni si c’était une honte « de ma vie », mais c’est en tout cas la première fois que j’ai ressenti de la honte (même si seulement par anticipation).

C’était en 1988 (ça nous rajeunit pas tout ça !) et j’étais dans un classe à double niveau de l’école municipale de Bellevue sur Rivière dans ma province natale. Nous avions des bureaux « à l’ancienne », des pupitres de bois tellement vernis et revernis qu’on les aurait crus couverts d'une couche d’ambre, avec un petit casier en dessous, et où les sièges faisaient partie de la structure métallique porteuse.

Ma voisine, comme pour tous les CM1, était en CM2, et c’était également une voisine de lotissement, une bêcheuse qui ne se mélangeait pas à la plèbe que je fréquentais. Nous étions en « composition », contrôle des connaissances avant les vacances, et dans la classe régnait un silence religieux, chacun s’acharnant sur sa copie pour obtenir une note dont ses parents pourraient être fiers (j‘étais moi-même à l’époque une graine de nerd assez insupportable et supportais mal la concurrence de mes deux chalengeuses régulières, que je réussissais heureusement à maintenir sur les plus basses marches du podium).

D’humeur espiègle ce jour là, j’avais décidé d’emmerder ma voisine : je chuchotais tout haut ce que j’étais en train de rédiger et elle ne pouvait pas ne pas m’entendre, la pauvre en perdait toute sa concentration et commençait à râler… Vous vous doutez que si elle ne pouvait pas ne pas m’entendre, le maître (on disait encore comme ça à l’époque) ne m’en entendait pas moins : il m’appelle, je me lève, j’arrive à son bureau, debout à coté de lui, lui assis me toise de toute sa hauteur (il est grand et moi je n’ai que 10 ans) et s’apprête à me punir, sans même m’expliquer pourquoi, je sais très bien pourquoi il me punit.

Je vais devoir conjuguer à tous les temps que je connais (dommage, je suis en CM1, je commence à en connaître beaucoup…) le verbe « faire le singe ».

Je reste sans voix et me projette, le soir, arrivant à la maison et devant expliquer pourquoi je suis puni ; je ne peux pas, je ne prends que deux secondes pour décider « j’utilise ma remise de peine » (la remise de peine est une amnistie à usage unique accordée aux élèves ayant fait le déplacement du 11 novembre sur le monument du souvenir pour réciter un poème d'hommage ; l’instit était « à l’ancienne », comme les pupitres).

Ce n’était peut être pas LA honte de ma vie, mais si je m’en souviens encore, c’est qu’elle doit quand même pas être trop mal classée…

Demain, je ne fais pas travailler les autres pour moi : je vous ponds un vrai post.

Commentaires

Poster un commentaire

Si vous avez un compte TypeKey ou TypePad, merci de vous identifier