La première fois (de Ninouch) que j'ai eu la honte de ma vie
C'est un vieux lecteur fidèle qui nous revient : Ninouch. En signe de l'immense confiance que je lui inspire, il m'a envoyé son histoire à partir d'une adresse indiquant ses nom et prénom, avant de réaliser sa bourde et de me supplier de ne pas indiquer son patronyme sur mon blog. Sans doute de peur que ses copines de colo reconnaissent celui qui à l'époque a eu une honte de sa vie.
"Je suis passée dans votre chambre hier soir..."
C'est étonnant ce qu'une phrase peut être lourde de sous entendus, à en craquer, les coutures tendues sous le poids.
"Ah ?"
C'est étonnant aussi comme on se sent désoeuvré dans ces cas là, le cerveau en grève, la langue transie dans la bouche, surtout ne pas bouger.
C'est surtout étonnant comme des idées étranges peuvent nous venir quand on a 13 ans, que l'on est gay, et que l'on se retrouve avec un seul autre garçon, en compagnie de 30 filles, la puberté explosive, tout cela pendant trois semaines.
David partageait ma chambre. Il avait 14 ans. Pas particulièrement beau, un physique banal, que je qualifierais d'ingrat maintenant. Mais à l'époque il était surtout le seul garçon. J'étais la star de la colo, le gamin de ces dâmes. Il était l'autre, le prétendant de ces dâmes. Il s'y intéressait forcément beaucoup plus que moi, autant que moi je m'intéressais à lui peut-être.
"Faire l'amour, c'est se mettre nu dans un lit et lire des BD ensemble". Je ne sais plus d'où vient cette citation enfantine, mais j'avais dû m'en inspirer. Un soir, dans l'espoir inculte que mon corps naissant lui inspire quelque chose, je m'étais étendu, nu, dans la chambre commune. J'étais sur un matelas, posé à même le sol près du sien. Indifférent, peut être inquiet, il était sorti. Las, je m'étais endormi.
Florence m'avait parlé le lendemain.
"Je suis passée dans votre chambre hier soir..."
Voilà, c'était la première honte de ma vie. Il y en a eu bien d'autres, sur le coup insurportables, mais qu'un esprit moins orgueilleux, à y repenser, aurait pris à la légère... Celle-là, j'ai encore du mal à l'assumer !
Demain, la première fois (de Boulba) que j'ai eu la honte de ma vie.


pas mal trouvée la banière, mais c'était plutôt l'inverse en terme de rapport garçon / fille !!!
Merci pour ta discretion ;-)
Pascal Dupont (et merde...)
Rédigé par: Ninouch | le 16/06/2007 à 10:17
la phrase, je crois l'avoir entendue dans "diabolo menthe " , l'histoire je l'ai pas vécue de cette façon, c'est plutôt la visiteuse du soir qui a été confuse d'entrer dans la chambre des "jeunes hommes" sa lampe torche à la main !
Rédigé par: joseph | le 16/06/2007 à 21:48