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Ma première journée les pieds en Kenzo

Sitôt achetées, sitôt portées.

Fier comme un pape, hier je suis allé travailler chaussé de mes Kenzo. Mes premiers pas dans la rue ont été orgasmiques. Je portais fier. J'avais le sentiment que mes pieds irradiaient de félicité ; que le bitume parisien devenait or dès lors que mes augustes pieds effleuraient le sol. Bref, le monde entier commençait à tourner autour de mes chaussures.

A ce moment, j'ai voulu changer de trottoir, j'ai dérapé et je me suis rattrappé au capot d'une voiture pour éviter de me retrouver cul à terre. La patronne du resto kurde en face a vu mon cinéma et a hurlé dans la rue : "Oulalah c'était moins une !".

Adieu veau, vache, cochon, couvée : mes Kenzo glissent !

J'ai passé le reste de ma journée à tenter d'éviter les gadins. Je me suis ridiculé devant des collègues lorsqu'il s'est agi de traverser un long couloir pavé de grandes dalles de marbre usé : à chaque pas, j'avais un pied qui partait en vrille. J'ai évité de courir pour attrapper un métro, de peur de faire un vol plané. J'ai failli me vautrer sur le carrelage du Monoprix, mes deux bouteilles de Bourgogne aligoté à la main.

Aujourd'hui, je n'ai pas mis mes Kenzo : elles sont chez le cordonnier qui va les doubler d'une semelle antidérapante...

(toujours est-il que j'ai collectionné les compliments sur mes belles chaussures - peut-être aussi parce que j'avais tendance à les mettre sous le nez de qui faisait mine de ne pas les remarquer).

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La première fois que je mets le PIB annuel de l'Erythrée dans des pompes

Meskenzotroptropbelles004 Ohlala mais qu'est-ce qui m'a pris ? je n'ai rien vu venir. En y repensant, pourtant, j'aurais dû me méfier.

Elles m'avaient déjà tapé dans l'oeil il y a quelques mois, quand j'avais mis les pieds pour la première fois au BHV-hommes (pas la peine de chercher dans les archives, je n'en avais pas fait un post...). Mais à 250 €, il était hors de question que je les achète. Pendant des semaines donc, j'ai recherché des chaussures sans trouver la paire qui me satisfât [je ne garantis pas la justesse de mon subjonctif, je prends un risque...]. A chaque nouvelle tentative, ces satanées Kenzos Milord revenaient hanter mon esprit. C'était devenu irrationnel : il me les fallait.

Après m'être acheté un jean, deux chemises, des baskets dans diverses boutiques, mes pas m'ont inconsciemment guidé vers le BHV-hommes, là où elles étaient. En soldes à 204 €. Beaucoup trop cher encore pour mon petit budget...

Je fais semblant de m'intéresser à d'autres chaussures moins chères et moins belles et puis je me lance : je demande à les essayer.

Aaaaaaah qu'on est bien dedans ! Aaaaaaah comme elles me font de jolis pieds ! Aaaaaaah elles sont trop trop trop belles ! Je suis pris au piège. Je les aime déjà. Je suis prêt à dormir avec et à leur lécher la semelle.

Et je les ai achetées. Et je suis trop content !

Admirez ces petits motifs floraux gravés dans le cuir.

Meskenzotroptropbelles002 Et ces fleurs bleues et blanches à l'intérieur du soulier ! La beauté intérieure c'est essentiel !

Meskenzotroptropbelles011 Même le dessous de la semelle me met dans tous mes états.

Meskenzotroptropbelles012 Mes Kenzo, je vous aime et je vous chérirai (même si à cause de vous, je vais devoir manger des coquillettes pendant des mois car j'ai encore un ordinateur, un costume, des vacances et un ravalement de cage d'escalier à payer...). Je risque de devoir travailler plus pour gagner plus. A croire que les Kenzo c'est pas un truc de gauche...

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La première fois que je vais au salon du Bourget et que je vois l'A380 et Nicolas Sarkozy en vrai

Samedi, j'étais invité au salon du Bourget (comme 90 % des visiteurs - je n'ai pas l'impression que quiconque paye pour rentrer). L'aéronautique, c'est pas ma passion dans la vie, mais "voir le métal s'pendre pour une plume" a un côté fascinant auquel je ne suis pas insensible.

Le salon du Bourget, c'est un peu comme le salon du cheval, sauf que c'est pour les avions. En toute logique, ça sent le kérozène plutôt que le crottin ; les licols et les protège-boulets sont remplacés par les réacteurs et les trains d'atterrissage ; les cure-pieds et bouchons par des écrous et autres boulons ultra-technologiques. Bref, les halls d'expositions n'ont rien d'intéressant pour qui n'y connaît rien.

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Le seul intérêt du salon, c'est de voir les navions en extérieur. Tout d'abord, les navions au sol, les petits, les moyens, les gros, les très très gros (l'A380). Bourget014 C'est là que j'ai découvert que le site de rencontre gay rezog fonctionne tellement bien qu'ils ont diversifié leurs activités commerciales en lançant une compagnie aérienne à leur enseigne (dyslexie quand tu nous tiens...).

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Bourget058 Bourget070Encore mieux que les navions à terre, les navions en l'air. Plusieurs engins ont fait leur petite démo (le rafale, le tornado, le F16, le F18 - c'était à celui qui ferait le plus de bruit), mais le plus impressionnant a bien été l'A380. Cet avion, c'est un peu comme un hippopotame. Quand il est immobile, on le trouve balourd. Mais lorsqu'on le voit en mouvement dans son élément, on est surpris par sa grâce (à titre comparatif, voyez ici le cheval des fleuves galoper sous l'eau avec une légèreté insoupçonnée). L'A380 a décollé presque à la verticale sous les yeux admiratifs d'une foule émue ; a dessiné pendant quelques instants des ellipses dans le ciel du Bourget sous les yeux émus d'une foule admirative ; puis a atterri au loin, sous les applaudissements nourris d'une foule fière de cet engin.

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Bourget091_2 Après le géant des airs, le nain des terres : notre bien-aimé-Président a fait une visite au Bourget. Il est très facilement repérable aux caméras et aux perches de micro qu'il attire comme le crottin appelle les mouches. Je l'ai ainsi aperçu à quelques mètres de moi, maquillé comme un aéronef volé, passant devant le stand Dassault. Ci-dessous une vidéo trouvée sur Youtube, qui correspond globalement, quoique sous un autre angle, à ce que j'ai pu voir - c'est dire l'intérêt fondamental du truc...

Ce qui m'a le plus peiné, c'est d'entendre les gens, après le passage du président, en parler comme s'ils avaient vu une apparition divine... L'un disait qu'il encadrerait la photo et la mettrait sur son bureau, l'autre appelait déjà ses copines de lycée pour leur narrer l'évènement dont elle se souviendrait toute sa vie, une troisième avait un sourire béat et des étoiles qui scintillaient dans les yeux.

La France va mal, je vous le dis. Heureusement qu'on a l'Airbus.

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La première fois que je fais un Atelier oriental 1 H

Atelier_oriental3Mon Papa, à la Saint Valentin, il a gagné une invitation pour un Atelier oriental 1 H (1 heure) dans un institut de soins esthétiques pour hommes.

Mon Papa, ces trucs de gonzesse ça ne le tente pas vraiment, du coup il m'a gentiment refilé l'invitation (comme quoi ça sert d'avoir une progéniture homo).

Alors j'y suis allé, accompagné de "mon coeur-mon amour-mon amour-mon coeur" qui, lui, était prêt à débourser 100 € pour se faire tripatouiller (des fois, je me dis que je devrais faire rémunérer mes propres prestations).

Atelier_oriental2_2On s'est mis tout nu dans le "salon privé du fond" avant de pénétrer dans le hamman, serviette autour de la taille. C'était chaud et humide. Et éclairé en bleu, si bien qu'on ressemblait à deux Schtroumpfs qui suent (le bonnet phrygien en moins). Après avoir perdu trois litres de flotte, nous nous sommes fait badigeonner de "savon noir" (une espèce de graisse marron en fait), après avoir enfilé un cache-sexe jetable d'un ridicule inimaginable : un bout de bâche colorée bien rèche, tenu par des espèces d'élastiques qui partent sur les côtés et rentrent dans les fesses. Ensuite, on est rentré dans le hamman pour se savonner et se rincer à l'eau froide et j'ai failli violer mon Schtroumpf mais je me suis retenu. Puis, l'instant gommage est arrivé : la fille frotte un peu tout le corps avec un gant qui gratte. Pas grand intérêt...

Atelier_oriental1Après rinçage et savonnage (avec du shampooing), le massage, toujours en cache-sexe ridicule, est intervenu. La fille m'a massé tout le corps, devant-derrière, avec du lait hydradant. C'était pas mal, sans plus... aucun risque d'érection incontrôlée de toute façon. Pour finir, elle a entrepris de me masser le crâne. Eh bien ses doigts tout gras dans mes cheveux humides, j'ai détesté. Renato fait mieux. Puis d'un coup, elle a commencé à tirer sur mes cheveux. J''étais sur le point de m'écrier "Non mais ça va pas ! Arrête ça connasse", mais en fait j'ai réalisé que c'était agréable (évidemment elle ne faisait pas ça comme une furie dans une cour de récré). Je crois que c'est ce que j'ai préféré dans cet "Atelier".

Toujours est-il que j'aurais été vert (et non plus bleu) de devoir débourser 100 € pour cette heure "orientale". A la limite, je trouve que c'est la fille qui devrait payer pour me voir dans le plus simple appareil (ou pire, en cache sexe ridicule) et m'avoir ainsi à sa merci pour me tripoter les cuisses, les fesses, le torse. Ah elle en a profité la salope je suis sûr !

Atelier_oriental4Cela dit, si un jour je suis réincarné en fille boudinée et pas très intelligente, je sais quel métier je ferai : employée dans un institut de soins esthétiques pour hommes. Toute la journée se rincer l'oeil, masser des cuissots fermes, effleurer des fessiers rebondis, tripoter des pectoraux saillants, il y a pire comme métier. En revanche, je refuserais les vieux-gras-moches (tiens, mieux, je serais la patronne, je me garderais les bombasses et refilerais les autres à mes employées). Et je ne m'occuperais pas des épilations, c'est crade.

Le20schtroumpf20grognon Car oui, mon salon de soins pratique également l'épilation permanente. A titre personnel, je ne suis pas concerné, mais sachez que les épaules vous en coûteront 80 € (la séance j'imagine...), même tarif pour le ventre, et sinon c'est 5 € le doigt (authentique).

La première fois (de Chondre) que j'ai eu la honte de ma vie

Récapitulons. On a eu les hontes de Jonas, Rouge-cerise, Se non è vero, About nothing, Gauthier, Les Tamaris, Kitt, Patapouf, Peio, mamaisonauxratscrevés, Marina, Margondin, Ninouch, Boulba et Ioio.

Manquait encore celle de mon Chondroupinou, qui a eu une grosse honte de sa vie il y a bien 42 ans (© Matoo, lequel m'a aussi promis son récit de honteuse), lorsqu'il s'est rué sur celui qui n'était pas encore son Snooze.

Chondre La première fois que j’ai mis ma langue dans la bouche de Snooze

Snooze et moi étions amis depuis déjà deux années. Nous nous étions rencontrés en première année à la faculté de pharmacie et passions déjà la plupart de notre temps ensemble, au sein d’un formidable groupe d’amis. Je me souviens parfaitement de notre première rencontre et de notre première discussion. « Ta gueule connard » furent très certainement les premiers mots doux sortis de ma bouche. Il semblait hautain, froid, prétentieux et maniéré. Tout ce que je détestais chez l’homo erectus en général. Je me suis vite rendu compte que son apparence n’était qu’une façade. Physiquement, il ne ressemblait pas franchement à mon idéal masculin. Cheveux longs, brun, petit, poilu et tout maigre.

Mais pouvais-je parler d’idéal masculin alors que je n’étais jamais sorti à l’époque avec un garçon ?

Je ne savais même pas si j’étais pédé.

Snooze représentait pourtant la cible idéale. J’étais certain in petto en moi-même qu’il aimait la bite. Je ne prenais donc aucun risque à faire une première tentative.

La première approche remonte au mois de juillet 1992. Nous venions de passer deux semaines en Grèce. Comme tous les étés, je travaillais de nuit à l’hôpital et venais de faire plusieurs gardes de suite. Je me souviens avoir ramené ce matin là une bouteille d’alcool camphré et des lingettes électrostatiques (j’étais déjà un maniaque de la poussière).

Snooze est passé me rendre visite en début d’après-midi. Nous devions passer la soirée ensemble. Nous avons commencé à discuter et à plaisanter et je l’ai, pour une raison bien obscure, largement aspergé d’alcool camphré. C’est fou comme ce jeu était amusant. Il sentait la vieille mamie hospitalisée en attente de la grande faucheuse et n’avait donc qu’une seule option : retirer son t-shirt. Mais l’alcool camphré n’avait pas ruiné que le t-shirt. Quelques gouttes avaient migré dans sa culotte. Le camphre n’étant pas le meilleur ami des parties génitales, mon futur chéri a donc été obligé de se mettre à poil et de se rendre illico sous la douche. Il en est sorti une serviette autour de la taille et je n’ai pas pu m’empêcher de l’embrasser. J’étais gorgé d’hormones et je frétillais comme un gardon. C’était vraiment bon.

Ce fut pourtant une grave erreur. Ce crétin m’a repoussé en me sortant une banalité du genre « maaaa naaan je ne suis pas celle que tu crois, espèce de petit pédé du cul ». J’étais pourtant certain de mon coup. Je venais de me prendre un gros râteau et j’avais honte et peur à la fois. Honte d’avoir pensé qu’il apprécierait le baiser et peur qu’il ne pense que je n’étais qu’un gros pervers et qu’il refuse dorénavant de m’adresser la parole.

Snooze a pourtant passé la nuit dans ma chambre (mais pas dans mon lit).Je n’ai pas pu fermer l’œil et me suis excusé pour mon attitude le lendemain matin. J’étais encore tout gêné. Il l’a joué grand seigneur en m’expliquant qu’il ne m’en voulait pas mais qu’il n’était pas intéressé par ce genre de chose. Nous avons heureusement continué à nous fréquenter et cette mésaventure nous a rendus encore plus complices. Jusqu’au mois d’octobre suivant. Il ne s’est alors pas laissé prier pour une bonne grosse soupe de langues. Nous sommes devenus mari et mari et accessoirement pédés la nuit du treize octobre de l’an deux mille sept.

Depuis cette date, Snooze a pris dix kilos de muscle et s’est rasé la tête.

Je le traîne comme un boulet et je ne peux plus m’en débarrasser.

Encore quelqu'un pour nous faire partager la honte de sa vie ? Ecrivez ici.

La première fois que je m'achète un CD de Niagara / la première fois que j'annonce la sortie d'un album de Daho en avant-première

Samedi, j'ai dévalisé la fnac.

Les_chansons_damour Le DVD de Tarzan (pour mon filleul - vous ai-je déjà dit que j'ai le plus beau, le plus rigolo et le plus chouette des filleuls du monde ?), le CD de Renan Luce (pour ma cousine, sa mère, qui va adorer j'en suis sûr), la B.O. des Chansons d'amour (pour moi, j'aime tout particulièrement "As-tu déjà aimé", avec cette histoire de pomme, de vers et de beauté du geste), un coffret de films de Hitchcock (je suis un gros fan de Hitchcock).

Et puis je suis passé devant les bacs de CD en promo.

Je n'ai pas résisté à Jeff Buckley live à l'Olympia à 9 € (c'est super sex quand il parle français/super drôle quand il imite Piaf).

Niagara_flammes Et surtout, j'ai osé me saisir du Best of Niagara (sorti en 2002) à 6.99 €. Il y a bien un quart de l'album devenu complètement inaudible (des guitares, des synthés, des cuivres trop poussifs, trop ringuards). Mais à côté de ça, quelques morceaux pop font toujours mouche des années après. Je suis prêt à m'associer à tout mouvement de réhabilitation de Niagara !

Souvenez-vous de ce clip (qui mérite d'être) cultissime, avec son esthétique kitsch, ses kaléidoscopes dont Microsoft s'est nécessairement inspiré pour créer les fonds d'écran de Windows Media, ses alpages pour vaches Mi(l)ka mauves, sa brochette de Gwendal Peizerat, les look Wonderwoman et Matrix avant l'heure.

Daho, lui, est déjà entré dans la légende. A tous ses fans (au premier rang desquels je me situe), j'annonce la sortie en novembre d'un nouvel album. Et dans un an, il sera à l'Olympia (moi aussi, cela va sans dire). Il me tarde, comme on dit dans le sud...

La bonne nouvelle c'est que l'album est réalisé avec Edith Fambuena des Valentins avec qui il avait fait Paris ailleurs et son meilleur album à ce jour, selon moi : Corps et âme. De quoi mettre entre pararenthèses son dernier album (Réévolution) [z'avez vu, je l'ai vraiment mis entre paranthèses], le moins bon à ce jour, toujours selon moi - ça vaut ce que ça vaut ; peut-être un jour lancerai-je un mouvement de réhabilitation de (Réévolution) [et hop, là aussi].

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Daho_nouvel_album

Mon premier concert de Zazie / la première fois que je m'embrouille avec des camionneuses alcoolisées

Zazie_concert Bon Zazie, c'était très chouette.

Passons à l'essentiel : mon problème de gouines.

La première a débarqué un peu avant que le concert commence. Sans gêne, elle s'est frayée un chemin parmi une centaine de personnes ayant déjà pris place dans la fosse, et elle s'est positionnée juste derrière moi. J'ai senti son gros sac à dos, qu'elle avait sur le ventre, me rentrer dans les fesses. Je me suis retourné, j'ai vu le phénomène (petite, bien en chair, les cheveux bruns coiffés en brosse, limites rasés mais les sourcils épilés, un peu Bécassine au look militaire) et je lui ai dit avec un sourire : "tu me colles là".

Zazie5 Elle n'a pas vraiment pu me répondre étant donné que le couple (pas très funky il est vrai) devant qui elle avait pris place a commencé à se rebiffer face au comportement cavalier de la donzelle. Elle nous a répondu à tous : "On l'aime tellement notre Zazie, il faut être solidaires" et je me suis demandé si elle se payait pas un peu notre tête. Mais comme j'aime bien le mot solidarité (je vote à gauche), j'ai juste fait remarquer que la solidarité avait parfois bon dos.

Comme le Monsieur du couple avait, lui, voté Sarkozy, il a continué à râler. La fille l'ayant tutoyé, il lui a rappelé qu'ils n'avaient pas élevé les cochons ensemble et qu'il s'opposait à cette forme de familiarité. La fille a répondu, avec une gouaille qui m'a arraché un sourire :

"Ohlala Monsieur, s'il vous plaît, il se prend pour Napoléon".

Zazie2 Sa copine, une petite blonde sèche décolorée-tatouée-anisée (au pastis) et en marcel (du style petite camionneuse du Tango) est venu la rejoindre : "Allez Zaza, viens, on retourne à l'arrière". Et finalement, elle est restée avec elle, car évidemment on voit mieux quand on est près de la scène... Re-fritage avec Napoléon, qui visiblement goûtait mal le peu de scrupules des deux dames à s'imposer.

Le concert a commencé et les deux camionneuses ne brillaient pas par leur discrétion : soit elles beuglaient les paroles des chansons plus fort que Zazie (Zazie-avec-micro je précise, sinon de mauvais langues diront que ce n'est pas un gros défi), soit elles commentaient ce qui se passait sur scène avec leur voix puissante. Je me suis retourné :

"Excusez-moi de vous demander pardon, mais auriez l'extrême obligeance d'éviter de conter fleurette pendant que l'artiste se produit sur scène, afin que tout un chacun puisse apprécier la représentation sans trouble auditif". (je reformule un peu, toujours est-il que sur le fond j'ai été ferme mais très courtois - ou l'inverse).

Zazie3 Ca ne les a pas calmées bien longtemps. L'alcool aidant (leur haleine éthylique semblait aspirée par mes narines, déjà éprouvées par la brise au doux parfum de transpiration soufflée dans ma direction par un pédé grassouillet s'éventant), les deux comparses ont ressenti le besoin d'extérioriser leur bonheur de voir la belle Zazie. Chaque morceau était ainsi conclu par de distingués : OOOOOOOOOOOOOOUUUUUUUUUUUAAAAAAAAAAAAAAAAAAIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIISSSSS, assez proches du rot et d'autant plus agréables qu'ils me semblaient directement hurlés dans mes tympans. On n'a évidemment pas échappé aux sifflets les deux doigts dans la bouche (le summum de l'élégance chez une femme, selon moi).

Zazie4 Je fulminais mais je me retenais. "Franck, tu es de gauche", me disais-je, "tu es tolérant, tu aimes ton prochain, surtout s'il vient du peuple. Prends sur toi !".

Mais quand elle ont commencé à hurler des "YIIIIIIIIIIHA" façon western, là ce fut trop. Gauche ou pas, faut pas déconner !

La classe et l'élégance appelant une réponse subtile et distinguée, je me suis retourné et leur ai asséné un violent :

"VOS GUEULES !!!"

Ben ça les a bien calmées jusqu'à la fin du concert.

ZazieEn revanche, quand les lumières se sont rallumées après l'ultime chanson ("ça", très beau), la petite blonde (sans doute en manque d'alcool après 2 heures de concert) est devenue hystérique, alors que moi j'avais retrouvé mon flegme d'origine. En gros, je lui avais manqué de respect, on était en démocratie, si j'étais pas content j'avais qu'à rester chez moi ou voir le concert en DVD, y'avait ses potes qui l'attendaient à la sortie et qui allaient me péter ma gueule et celle de mon mec (c'était mon frère !!), que ça allait pas se passer comme ça, que j'avais l'air péteux maintenant, et que, au final, je méritais d'aller me faire sodomiser (de mémoire, elle l'a dit plus vulgairement). C'est Zaza qui a dû la calmer car on ne l'arrêtait plus.

Evidemment de potes il n'y en avait pas (mytho en plus !) et on a vu Zaza s'éloigner avec sa copine qui continuait de se prendre la tête toute seule et à ruminer des insultes.

Mine de rien, cette histoire m'a affecté. Sans nul doute, j'ai eu affaire à deux femmes ivres, d'une bêtise crasse, irrespectueuses, probablement dotées au surplus de sérieux problèmes psychologiques. Au moins. Mais je n'ai pas aimé ma réaction, ce "Vos gueules" teinté d'agressivité contenue. Et moins encore ce sentiment de supériorité sociale qui m'a étreint. J'ai destesté cette fugace forme de mépris que j'ai ressenti envers ces deux pauvres filles connes et moches, tandis que les deux lesbiennes chics qui se trouvaient à ma droite, très belles, tout en sourire et émues par les chansons, m'inspiraient une tendre bienveillance. Non, je ne m'aime pas ainsi.

En aucun cas, il ne s'agit de gouinophobie. Je crois juste que je n'aime pas les con(ne)s.

Et les gens qui puent aussi (le pastis, la transpiration, le rat crevé).

La première fois (de ioio) que j'ai eu la honte de ma vie

Aujourd'hui, après les première honte de Jonas, Rouge-cerise, Se non è vero, About nothing, Gauthier, les tamaris, Kitt, Patapouf, Peio, mamaisonauxratscrevés, Marina, Margondin, Ninouch, Boulba, c'est mon camarade de section ioio qui s'y colle. On réalise qu'en CM1 il était encore loin d'avoir l'esprit socialiste !

Ioio La dernière fois que j’ai eu la honte de ma vie est sans doute la semaine dernière quand j’ai réalisé avec effroi que ma cocopine avec qui j’étais entrain de papoter attendait depuis un mois que je lui souhaite son anniversaire, mais je ne suis pas là pour vous raconter ça.

Je ne sais pas si c’est la première fois, ni si c’était une honte « de ma vie », mais c’est en tout cas la première fois que j’ai ressenti de la honte (même si seulement par anticipation).

C’était en 1988 (ça nous rajeunit pas tout ça !) et j’étais dans un classe à double niveau de l’école municipale de Bellevue sur Rivière dans ma province natale. Nous avions des bureaux « à l’ancienne », des pupitres de bois tellement vernis et revernis qu’on les aurait crus couverts d'une couche d’ambre, avec un petit casier en dessous, et où les sièges faisaient partie de la structure métallique porteuse.

Ma voisine, comme pour tous les CM1, était en CM2, et c’était également une voisine de lotissement, une bêcheuse qui ne se mélangeait pas à la plèbe que je fréquentais. Nous étions en « composition », contrôle des connaissances avant les vacances, et dans la classe régnait un silence religieux, chacun s’acharnant sur sa copie pour obtenir une note dont ses parents pourraient être fiers (j‘étais moi-même à l’époque une graine de nerd assez insupportable et supportais mal la concurrence de mes deux chalengeuses régulières, que je réussissais heureusement à maintenir sur les plus basses marches du podium).

D’humeur espiègle ce jour là, j’avais décidé d’emmerder ma voisine : je chuchotais tout haut ce que j’étais en train de rédiger et elle ne pouvait pas ne pas m’entendre, la pauvre en perdait toute sa concentration et commençait à râler… Vous vous doutez que si elle ne pouvait pas ne pas m’entendre, le maître (on disait encore comme ça à l’époque) ne m’en entendait pas moins : il m’appelle, je me lève, j’arrive à son bureau, debout à coté de lui, lui assis me toise de toute sa hauteur (il est grand et moi je n’ai que 10 ans) et s’apprête à me punir, sans même m’expliquer pourquoi, je sais très bien pourquoi il me punit.

Je vais devoir conjuguer à tous les temps que je connais (dommage, je suis en CM1, je commence à en connaître beaucoup…) le verbe « faire le singe ».

Je reste sans voix et me projette, le soir, arrivant à la maison et devant expliquer pourquoi je suis puni ; je ne peux pas, je ne prends que deux secondes pour décider « j’utilise ma remise de peine » (la remise de peine est une amnistie à usage unique accordée aux élèves ayant fait le déplacement du 11 novembre sur le monument du souvenir pour réciter un poème d'hommage ; l’instit était « à l’ancienne », comme les pupitres).

Ce n’était peut être pas LA honte de ma vie, mais si je m’en souviens encore, c’est qu’elle doit quand même pas être trop mal classée…

Demain, je ne fais pas travailler les autres pour moi : je vous ponds un vrai post.

La première fois (de Blouba) que j'ai eu la honte de ma vie

Et hop, une deuxième vraie fille vient raconter sa honte, c'est Blouba. Je tiens un blog mixte !

Blouba C’était à 14 ans. Oui, bon d’accord, avant y'a eu la fois où j’me suis faite entarter ma tête de clown, la fois où j’me suis vautrée sur une dalle en béton et pété une dent, la fois où j’me suis fait prendre après avoir volé les feutres de la minipouf de ma classe.... Mais bon. C’était la première fois que je faisais le mur...

Tout était prévu, bien ficelé, mon plan était indémontable. J’étais allée dormir chez la pouf, accessoirement 2 ans de moins que moi (oui, oui, mais déjà pouf c’est promis) fille de la tyrannique prof de français du bahut, avec qui j’avais « sympathisé » (discrètement quand même hein, parce qu’être vue aux cotés de la pouf, c’était déjà la honte en soi) en apprenant qu’elle avait volé quelques temps de ça au préalable, la petite clé de la porte magique (celle qui est condamnée là derrière la maison) au trousseau de sa mère, et s’en était déjà servie « des tonnes de fois ».

Il nous suffisait donc de faire semblant d’aller dormir « oui maman, dans la salle d’ordi, on aura plus de place que dans ma chambre à deux » (cette même pièce où se situait la dite porte bien evidemment), d’attendre patiemment qu’elle dorme, de nous faufiler à l’exterieur, de passer devant sa fenêtre grâce à de nombreux exercices militaires pour ne pas nous faire repérer et enfin de nous élancer à toutes jambes dans la rue sans nous faire voir des voisins...

Voilà qui était fait.

Bon après, fallait encore marcher jusqu’au « cercle sportif »... Mais non on allait pas faire du sport (euh quoique) mais la boîte super hype du moment, elle était là.... Tout se passait bien. Quand on est arrivé, l’homme-de-mes-rêves-de-ma-vie-père-de-mes-enfants, complètement torché (oui, sinon la suite aurait pas été pareille...)... m’a embrassée, emmenée à l’exterieure, là, contre le mur, non loin du terrain de basket et du terrain de foot, là ou l’herbe n’est que très paresseusement tondue, là où...j’me suis pris la première honte de la soirée.

Oui, parce que bon, ca avait beau être l’homme-de-mes-rêves-de-ma-vie-père-de-mes-enfants... c’était trop tôt hein... alors quand il m’a demandé à l’oreille « tu l’as déjà fait ? » « ah oui non alors l’herbe derrière le complexe sportif pour une première fois c’est pas top » ben moi heu j’aurais aimé fondre et m’infiltrer dans cette même herbe et puis faire pousser des jolies plantes, parce que là en l’occurence je valais pas mieux (qu’une jolie plante).

Ne cachant pas sa déception, ce charmant jeune homme n’a pas tardé à vouloir rejoindre « les autres » à l’intérieur mais bon moi « j’faisais ce que j’voulais hein »... ben oui coco, j’le trouve tellement sympa cet endroit que j’vais y passer la nuit toute seule...

Bon, toute façon c’est pas tout ça, mais faut retrouver la pouf et penser à rentrer parce qu’on a encore le chemin du retour avec l’alcool en plus à faire. Alors on est rentrées, sans encombres aucune.

Le lendemain matin....

« POUF, où est la clé de mon trousseau ? »..euh ben euuuh.

« Ca t’avait pas suffit le week end passé hein, fallait que tu recommences ?! Attend j’m'occupe de toi après d’abord j’appelle le papa de cette chère demoiselle »...

Espèce de S***** !

En une nuit une seule : la honte devant l’homme de ma vie, devant mon père, devant toutes mes copines (d’avoir été dormir chez la pouf !!).

Bon j’aurais aussi pu raconter la fois où j’ai chanté « my all » en play-back mais que le micro était branché, le 1er jour de mes règles, la 1ère fois où j’ai pris le métro, la fois où j’avais oublié que j’avais pas encore de rideau, la fois où la mère de mon copain est rentrée trop tôt...

Heureusement qu’elle ne tue pas hein.

Demain, la première fois (de ioio) que j'ai eu la honte de ma vie.

Et lundi mon grand retour ! Je vous ai chiadé un long post qui cause de gouines fans de Zazie... Cela dit, vous pouvez toujours m'envoyer vos hontes...

La première fois (de Ninouch) que j'ai eu la honte de ma vie

C'est un vieux lecteur fidèle qui nous revient : Ninouch. En signe de l'immense confiance que je lui inspire, il m'a envoyé son histoire à partir d'une adresse indiquant ses nom et prénom, avant de réaliser sa bourde et de me supplier de ne pas indiquer son patronyme sur mon blog. Sans doute de peur que ses copines de colo reconnaissent celui qui à l'époque a eu une honte de sa vie.

Ninouch "Je suis passée dans votre chambre hier soir..."

C'est étonnant ce qu'une phrase peut être lourde de sous entendus, à en craquer, les coutures tendues sous le poids.

"Ah ?"

C'est étonnant aussi comme on se sent désoeuvré dans ces cas là, le cerveau en grève, la langue transie dans la bouche, surtout ne pas bouger.

C'est surtout étonnant comme des idées étranges peuvent nous venir quand on a 13 ans, que l'on est gay, et que l'on se retrouve avec un seul autre garçon, en compagnie de 30 filles, la puberté explosive, tout cela pendant trois semaines.

David partageait ma chambre. Il avait 14 ans. Pas particulièrement beau, un physique banal, que je qualifierais d'ingrat maintenant. Mais à l'époque il était surtout le seul garçon. J'étais la star de la colo, le gamin de ces dâmes. Il était l'autre, le prétendant de ces dâmes. Il s'y intéressait forcément beaucoup plus que moi, autant que moi je m'intéressais à lui peut-être.

"Faire l'amour, c'est se mettre nu dans un lit et lire des BD ensemble". Je ne sais plus d'où vient cette citation enfantine, mais j'avais dû m'en inspirer. Un soir, dans l'espoir inculte que mon corps naissant lui inspire quelque chose, je m'étais étendu, nu, dans la chambre commune. J'étais sur un matelas, posé à même le sol près du sien. Indifférent, peut être inquiet, il était sorti. Las, je m'étais endormi.

Florence m'avait parlé le lendemain.

"Je suis passée dans votre chambre hier soir..."

Voilà, c'était la première honte de ma vie. Il y en a eu bien d'autres, sur le coup insurportables, mais qu'un esprit moins orgueilleux, à y repenser, aurait pris à la légère... Celle-là, j'ai encore du mal à l'assumer !

Demain, la première fois (de Boulba) que j'ai eu la honte de ma vie.

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