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Dans le cadre du karaoké de l'été, je vous propose aujourd'hui une pièce de collection : un petit karaoké artisanal sans curseur indiquant quand chanter, sans vidéo avec une meuf moche qui joue la belle, mais avec une chouette orchestration au synthé comme on n'en fait plus. Et puis, c'est pas la première chanson du premier Jean-Jacques Goldman venu, non non non, c'est l'hymne du prolétariat, le chant de l'internationalisme ouvrier.
Alors l'un dans l'autre, j'ai acquis l'intime conviction que ce petit karaoké a été confectionné par Robert Hue, alias Willy Balton, ex-membre du groupe de rock mondialement connu dans le Val-d'Oise les Rapaces. J'imagine trop Bobby dans la cave de son pavillon de Montigny-les-Cormeilles, bricolant de ses petits doigts boudinés et poilus la version karaoké de L'Internationale.
Prolétaires de tous pays, unissez-vous pour chanter ce karaoké d'anthologie !
J'aime beaucoup mon oncle et ma tante, et pas seulement parce qu'ils ont une maison avec piscine dans le sud. Ce sont deux sexagénaires dynamiques, accueillants, et puis plein d'humour avec du second degré dedans. Ils sont certes un peu réac, mais pas complètement obtus, la preuve, ma tante me ramène Libé tous les matins !
Seulement, comme la plupart des sexagénaires, ce sont de vraies quiches pour tout ce qui touche aux nouvelles technologies. Alors forcément, quand j'arrive, je suis un peu le messie qui vient prêcher la bonne nouvelle - et poutant Dieu sait mes amis et mes lecteurs habituels savent que je suis loin d'être geek (pour preuve j'ai récemment appris que ça se prononçait [guik] alors que je disais fièrement [djik]...).
Il y a trois ans, j'avais déjà appris à ma tante ce qu'était un SMS et comment en envoyer. J'étais devenu son héros (et du coup elle m'avait harcelé de SMS pendant quelques temps). Re-belote cette année : elle a un nouveau téléphone portable dont elle ne sait pas se servir (faut dire qu'il est un peu trop perfectionné pour elle, à mon sens). Je me suis donc tapé le mode d'emploi pour tout lui expliquer, parce qu'évidemment le sexagénaire ne sait pas lire un mode d'emploi.
Ce qui lui a bien plu, c'est l'écriture intuitive. Elle a eu un peu de mal à retenir le nom ("oh comme c'est pratique cette écriture sensitive" !), mais maintenant elle maîtrise, et j'ai senti quelques lauriers s'ajouter à ma couronne [précision utile pour tous les lecteurs amoureux de moi (si si il y en a) et même les autres (il y en a aussi) : ce n'est pas moi sur la photo !! ça vient de là].
Mon aura a encore gagné en intensité lorsque je lui ai appris à se servir de l'appareil photo intégré au téléphone (et à ne pas mettre ses doigts sur l'objectif quand elle prend la photo). J'ai définitivement gagné mon procès en canonisation lorsqu'elle a compris comment associer une photo à un contact et quand elle a vu ma bobine apparaître sur son mini écran au moment où j'ai fait une tentative d'appel.
Mon oncle regardait tout cela d'un oeil goguenard (même s'il n'était pas peu fier d'avoir sa photo en fond d'écran sur le téléphone de sa femme), mais il a fini par s'incliner lui aussi devant ma puissance divine : il m'a suffi de lui apprendre à enclencher le diaporama pour regarder des photos sur son ordinateur...
Moralité : on est tous le guik de quelqu'un.
J'ai quitté l'automne parisien pour retrouver les cons le soleil de la Côte d'Azur et les cons. Je suis descendu avec mon portable et de quoi travailler au bord de la piscine. Quand j'ai trop chaud, je me plouffe et j'entame un peu de mon capital soleil. J'ai une trace de tongues à rattrapper...
Je n'oublie pas complètement mon blog, même si le coeur n'y est pas à fond. Donc continuons avec un nouveau numéro du karaoké de l'été. Aujourd'hui, la chanson de Patricia Kaas, Il me dit que je suis belle, dont l'intérêt principal réside dans le video clip du karaoké, un peu dans le même style que celui de Laissez-moi danser. Une pauvre fille pas belle qui fait modèle nu pour un mec qui fait des gribouillis au fusain (que c'est même pas lui qui a fait le dessin à la base), et en échange le mec il fait modèle photo pour la pouffe qui est aussi à l'aise avec un appareil photo qu'une poule devant un couteau. Bref, y'a du scénar, de l'action, de l'érotisme. Si avec ça vous arrivez à chanter juste, je vous tire... mon chapeau.
Nous prenions un verre dans la rue, devant les Portas Largas, un bar gay branché de Lisbonne tenu par deux naines dont l'une ressemble à Loana : même chevelure de paille, même regard bovin, même sourire niais. A côté de moi, un groupe de trois Espagnols se prenaient en photo. Je me suis discrètement incrusté pour être sur l'image et leur ai fait mon plus beau sourire. C'est en regardant la photo sur le petit écran numérique qu'ils m'ont aperçu et nous avons alors engagé la conversation, en français. Quand je suis un peu bourré, j'ai le contact bien plus facile...
Outre un Mario à la mine sympathique, deux filles composaient le groupe : Mars ("comme le mois") et Teresa, toutes deux artistes un peu fauchées, pas des monuments de féminité ni d'élégance, mais leur air était avenant et leur regard pétillant. C'est surtout Mars qui causait, Teresa était plus réservée, sans doute maîtrisait-t-elle moins la langue de Fcrank Molière (j'aime bien faire mon mégalo parfois).
Au bout de quelques minutes de conversation, Mars me regarde droit dans les yeux, essaye de masquer avec un sourire détaché le ton solennel qu'elle prend soudainement, et m'annonce, avec un mélange de fierté et d'émotion dans la voix, qu'elle et Teresa se sont mariées il y a peu.
C'est con mais j'ai instantanément ressenti un petit serrement au niveau du palpitant et un léger frisson est monté le long de mes bras. Ces deux femmes s'aiment, ça crève les yeux. Eh bien en Espagne, ces deux femmes ont pu se passer la bague au doigt, comme n'importe quel autre couple hétéro qui s'aime (ou pas).
Je n'avais jamais imaginé me marier un jour (avec un garçon), pas seulement à cause de la loi française qui ne le permet pas encore (espérons que cela changera en 2007), mais parce que l'institution du mariage emporte avec elle un certain nombre de connotations religieuses, historiques et symboliques dans lesquelles je ne me reconnais pas. Un bon PACS, ça m'aurait été.
Mais depuis que j'ai rencontré Mars et Teresa, l'idée de me marier un jour avec un garçon a commencé de me trotter dans la tête.
C'est un peu l'arroseur arrosé. Comme Ségo, je me mets en maillot sur la plage. Seulement, avant de reprendre le RER pour Lisbonne, je préfère avoir les fesses sèches. Alors, avec élégance et discrétion, je me passe une serviette autour de la taille, enlève mon maillot humide, et enfile mon boxer sec. C'était sans compter sur un paparazzo en embuscade qui en a fait des clichés. Aucun magazine pipol n'étant intéressé, pour le consoler (et comme c'est peu compromettant) je publie ses photos ici.
PS : Quand on a été à la plage gay, la première fois je me suis aussi changé avec la serviette autour de la taille. Puis j'ai réalisé que c'était un peu ridicule sur une plage naturiste... Du coup, je disais à M. de regarder ailleurs et je me changeais rapidement, sans la serviette. Et là, y'a pas de cliché, héhéhé.
re-PS : moi aussi j'ai fait le paparazzo sur la plage, vous verrez, début septembre je proposerai sur mon blog une élection de mister Portugal
Matthieux m'a remis l'un de ses carnets, destiné à faire le tour du monde. A Lisbonne, j'étais censé passer le relai à quelqu'un en partance pour l'Afrique ou l'Amérique du Sud. Faute de contact, je l'ai ramené à Paris. Mathieu m'a donné les coordonnées de D., que j'ai rencontrée vendredi au Sarah Bernhardt, l'avant-veille de son départ pour l'Argentine. Je lui ai remis le carnet et on a discuté de pas mal de chose, du carnet, de nos jobs et vies respectifs, des coïncidences, et aussi d'un Africain qui voulait prénommer son fils à naître Georges-Clémenceau.
J'avais lu l'intégralité du carnet dans le vol pour Lisbonne. Avant de remettre l'objet à D., j'ai griffonné quelques lignes dans les pages restantes. Chaque messager est censé faire de même, et Mathieu lira le tout au retour du tour du monde du carnet.
Un petit compte-rendu de tout cela en images (je regrette de ne pas avoir pris le carnet en photo devant un monument lisboète, à l'instar de l'hôtesse de l'air d'Amélie Poulain immortalisant sur pellicule les voyages du nain de jardin du père Poulain) :
Avant-hier, je suis allé voir (mieux vaut tard que jamais) C.R.A.Z.Y. Bon, même si c'est parfois un peu québéco-niaisouilleux, j'ai vraiment bien aimé, j'ai même eu la boule dans la gorge et les yeux humides, c'est dire. Bref, ça m'a 'achement parlé.
La famille québécoise du film a sa tradition : à chaque Noël (qui est aussi le jour de la "fête", i.e. l'anniv, de Zach), le père chante du Aznavour. Or, sorti du film, j'ai réalisé que je n'avais jamais parlé d'Aznavour sur mon blog et qu'il fallait y remédier car Aznavour c'est tout de même énorme (ça m'a fait un effet boeuf dans le film d'ailleurs, notamment quand le papa il chante "Hier encore j'avais vingt ans" pour les vingt ans de son rejeton).
Une bonne chanson valant mille discours, j'ai décidé de te faire chanter du Aznavour dans le cadre du karaoké de l'été. Vas-y, mets moi les poils !
Là, ce sera "Emmenez-moi", qu'on entend d'ailleurs à plusieurs reprises dans le film. Bon, je te préviens, c'est balaise, on n'est pas dans la variétoche de bas étage, c'est pas du Hélène Ségara quoi. Faut tenir le rythme, avoir une diction impeccable (et aussi connaître déjà un peu les paroles car même le curseur qui indique quand chanter il est un peu dépassé...).
Tiens, je vais voir si je trouve pas le karaoké de Sympathy for the devil des Stones, car c'est aussi un moment du film que j'ai bien aimé, un peu subversif car la chanson retentit en pleine messe avec les enfants de choeur qui font les ouh-ouh.
Je crois que je pourrais vous faire chanter toute la B.O. du film, tellement elle est bonne. En attendant, le grand Charles (le vrai) :

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