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Mon premier meeting...

Dominique_strauss_kahn ... c'était mercredi, et c'était Dominique Strauss-Kahn qui faisait son show au gymnase Japy (compte-rendu journalistique ici ou ).

Logo_dsk Dans la course à l'investiture du PS (et a fortiori dans la course à l'Elysée), c'est DSK qui m'inspire le plus confiance, c'est celui que j'estime le plus compétent, le plus réaliste, le moins bidon. Du coup, ça m'intéressait de voir ce qu'il donnait "en vrai". Ca m'intéressait surtout d'assister pour la première fois à un meeting politique. Le fond et la forme.

Commençons par la forme. Les ficelles du meeting électoral sont grosses. Déjà, un bon candidat se fait attendre. Comme une star du rock, il est hors de question de commencer le concert meeting à l'heure initialement prévue. Il faut créer une impatience dans la salle surchauffée (non par l'ambiance mais par l'effet de serre inévitable dans un gymnase dont le toit est en partie en verre). Avec une heure de retard, le candidat arrive, mais pas comme vous et moi.

[là faut cliquer sur Play et lire la suite en écoutant le mp3]

Photo000 Photo001 Non, DSK se fait annoncer par un speaker ("Mesdames et Messieurs, Dominique Strauss-Kaaaaaahn") et il pénètre dans la salle sous les hourras, Anne Sinclair au bras, entouré d'une nuée de caméras, au son de Et c'est parti ! Les flashes crépitent, les mains applaudissent, tandis que le couple star fend la foule pour rejoindre la scène centrale. Et c'est parti pour le show, et c'est parti le stade est chaud, nanana na nanana. Bref, DSK au gymanase Japy, c'est un peu Johnny au Parc des Princes.

Avant le show, nanana na nanana, il y a une première partie. C'est la députée locale qui s'y colle, avec la gouaille d'une vendeuse d'aspirateur sur un marché, puis vient Jean-Paul Huchon, dont le ton religieux transforme le discours en sermon post-évangélique. Le gymnase résonnait alors comme une cathédrale. Quand il a terminé son prêche monocorde en prononçant la Sainte Trinité "Liberté, Egalité, Fraternité", un "Amen" s'est échappé de ma bouche. Mon éducation religieuse a laissé des séquelles.

Photo005 Ensuite DSK a enfin pris la parole, pendant plus d'une heure, déambulant sur la scène micro à la main, sans note, et pourtant son intervention était très construite. Assez bluffant. Cela dit, là encore certaines ficelles sont assez grosses. Quelques phrases assassines sur la droite et son bilan calamiteux ravissent facilement le public. C'est de bonne guerre. Deux-trois attaques sur la démagogie sarkozienne et l'imposture de sa "France d'après" font immédiatement mouche, presque autant que la dénonciation des rémunérations scandaleuses des grands patrons qui refusent par ailleurs des augmentations au petit peuple salarial. On n'en attendait pas moins. Un ptit coup de France qui gagne au football ne mange pas de pain, tout comme le fait d'attendrir l'audience en évoquant ses jumeaux de petits enfants nés prématurés.

Photo007_1 Une magnifique épouse, applaudissante, souriante et dévouée, donnant un verre d'eau au candidat quand sa gorge est sèche, est du meilleur effet. De même, une clique de jeunes militants acquis à la cause, prêts à entraîner le public à applaudir à tout bout de champ et à scander des "DSK président" en fin de discours est un élément important de succès.

Jospin_tf1 En revanche, si un ancien premier ministre a le malheur, pendant votre meeting, d'aller causer au 20 h de TF1 pour annoncer qu'il aimerait bien qu'on le supplie d'être le candidat de la gauche, ça détourne l'attention des journalistes, et ça c'est mauvais. C'est ainsi que toutes les caméras ont pendant un certain temps été rivées sur les "lieutenants" strauss-kahniens qui, à l'écart du meeting, confiaient leurs réactions aux propos de Jospin. Oublié, DSK...

Ensuite, il faut un leitmotiv, un slogan façonnant le discours même si ça fait un peu "tarte à la crème". Celui retenu par DSK c'est "la France généreuse", autour duquel il a construit son intervention. On aborde alors le fond du discours (mais je serai plus rapide car cette note pourrait déjà s'intituler "La première fois que j'écris un post aussi long", et les posts trop longs, ça se lit pas).

Dsk Ce que j'en retiens, c'est que DSK s'interdit de promettre ce qui ne pourra pas être tenu, qu'il s'engage à tenir un discours de "vérité" sur le coût de sa politique et les moyens de la financer, qu'il se refuse à la démagogie fiscale (au point de passer très rapidement sur une question relative à la TVA...), qu'il n'occulte pas la responsabilité de la France ancienne puissance coloniale. Son point fort, à mon avis, est une vision économique claire, dont il fait l'axe de sa politique, ce qui ne l'empêche pas d'émettre certaines idées un peu plus originales que les poncifs habituels (par exemple, ne pas limiter les dépenses de la santé car c'est dans ce domaine que se situe l'économie du XXIe siècle ; ne pas mener une politique de soutien de la consommation mais de soutien de l'investissement car "1997 n'est pas 2007").

Photo006small Les problèmes de la France étant essentiellement d'ordre économique (quand l'économie va, le reste a tendance à suivre), ça ne me paraît pas absurde d'élire le plus compétent en ce domaine. L'homme a en outre un certain charisme qui lui donne l'envergure nécessaire à l'exercice de la fonction.

Anne_sinclair Voilà, pour l'instant du moins, c'est mon candidat. En plus, Anne Sinclair est vraiment belle. Après douze ans de Bernadette ça nous ferait pas de mal de l'avoir comme first lady. Et puis elle présente tout de même mieux que François Hollande.

Premières rencontres avec mes clones

C’était le mois dernier aux Pays-Bas. J’avais bossé une bonne partie de la nuit. Après trois courtes heures de sommeil, je petit-déjeunais dans le restaurant de mon hôtel de luxe. Les yeux bouffis de sommeil, la peau tirant après le rasage, engoncé dans mon costume, le cou noué par la cravate, je prenais des forces en prévision d’une longue journée.

HoulgateMe sentant observé, j’ai levé le nez de mon bol de céréales. Un blondinet d’environ cinq ans s’était posté devant ma table et me dévisageait. Je l’ai à mon tour fixé dans les yeux et nous avons échangé un grand sourire. J’ai senti une étrange complicité entre ce môme et moi, un sentiment très bizarre, comme si on se connaissait depuis longtemps. Et tout d’un coup, j’ai réalisé que ce gamin c’était mon portrait craché au même âge. Incroyable, exactement la même bouille, les mêmes yeux, les mêmes fossettes. Nous nous sommes souris ainsi pendant quelques secondes, puis il a rejoint sa mère quelques tables plus loin, qui lui a parlé en batave, rompant ainsi ce moment en apesanteur.

De ce bref instant magique, je me souviendrai longtemps. Est-il à l’origine du rêve étrange que j’ai fait cette nuit ? Je me trouvais sur un court de tennis, avec trois autres personnes, deux gamins et un quadragénaire grisonnant, un peu dégarni et pas très grand. Parmi ces trois personnes, se trouvait mon clone, qu’il m’appartenait de retrouver. Pour ce faire, il m’a fallu rechercher qui parmi Clones elles avait comme moi un grain de beauté sur la face interne du haut de l’avant-bras gauche (alors qu’en vrai je l’ai sur l’avant-bras droit). Les deux gamins, qui me ressemblaient pourtant beaucoup, n’avaient pas ce grain de beauté, alors que le quadragénaire (qui physiquement était très éloigné de mon apparence) en était doté. C’était lui mon clone ! Nous avons échangé quelques mots complices, j’ai cru voir une partie de mon avenir en lui, avant que je réalise que mon clone était plus âgé que moi. Je ne pouvais donc pas être le modèle original. N'étais-je moi-même qu'un clone ?

Je me suis réveillé soudainement.

"La première scène de mon premier film a été tournée en extérieurs à Paris"

Paris_au_cinma C'est ainsi que débute "Le mot de Alain Delon", président d'honneur de l'exposition "Paris au cinéma", dans le dépliant  qui lui est consacré.

Que les choses soient claires : j'aime pas Alain Delon. C'est par pur opportunisme que je le cite, pour coller à la thématique de mon blog. Car je voulais parler de cette expo qui m'a beaucoup plue, mais qui s'achève le 30 juin (donc magnez vous la rondelle si vous n'y avez pas encore été, en plus c'est gratuit et là je dis : bravo Bertrand, pour ces expos très bien et ouvertes à toutes les Parisiennes et tous les Parisiens - comme par exemple celle sur Willy Ronis).

Paris_studio L'expo se propose de faire découvrir Paris dans l'oeil des différents réalisateurs qui l'ont filmée. Les deux premières salles (cinéma muet et années 1930-1950) sont un peu décevantes : pas très riches, bondées, non climatisées, on n'a pas envie de s'attarder et c'est dommage car il y a matière à faire quelque chose de bien.

Allen J'ai bien aimé Paris vu par Hollywood, souvent très cliché (j'ai revu avec plaisir la danse finale entre Woody Allen et Goldie Hawn sur les quais de Paris dans Every one says I love you); je suis passé rapidement sur l'époque Nouvelle vague, à laquelle je n'ai jamais été très sensible ; le Paris des années 1980 à aujourd'hui m'a un peu plus parlé, sans doute parce que je connaissais plus de films... Je le reconnais sans fard : ma culture cinématographique est quelque peu rudimentaire, ce qui ne m'empêche pas d'aimer le cinéma.

Photo016 Mais le plus intéressant à mon sens dans l'exposition, ce sont les montages thématiques présentés sur grand écran. Une salle tout en longueur s'est vue dotée d'un canapé d'une cinquantaine de mètres faisant face à trois écrans diffusant les mêmes extraits.

Photo018_1Six thèmes (Le Paris des amoureux ; Les bistrots de Paris : Sur les toits de Paris ; Les Parisiennes ; Poursuites ; La Tour Eiffel) sont l'occasion de découvrir les extraits d'une bonne cinquantaine de films montrant Paris sous autant de jours différents.

Photo019 J'ai revu avec plaisir - et je me suis même parfois régalé devant - les extraits de La Boum, On connaît la chanson, A bout de souffle, Hôtel du Nord, Rien sur Robert (la scène dans un café où Luchini et Kiberlain parlent sodomie ! un grand moment comique que j'avais oublié), La grande vadrouille ("oh je vous ai tPhoto020_1âché ?" demande Bourvil aux nazis qui viennent de se prendre un sceau de Deneuve peinture tombé de son échafaudage), Chacun cherche son chat, Viva Maria !, Belle de jour (quand Deneuve était juste belle, pas vulgaire), Le fabuleux destin d'Amélie Poulain (là scène où Amélie décrit à un aveugle tout ce qu'ils croisent dans la rue, dont le chien qui bave devant les poulets rotis), Tenue de soirée (la scène finale quand Depardieu et Blanc en trav' ainsi que Miou² font le tapin), Renaissance, Zazie dans le métro, La haine (il claque des doigts pour faire éteindre la Tour Eiffel, mais ça ne marche que dans les films, elle s'éteint juste après leur départ).

Jubilatoire.

Premières noces

Affiche_marche_des_fierts_2006 Comme je l'ai dit en commentaire chez Mathieu, je ne suis pas un gros fan de la gay pride Marche des fiertés. Déjà, l'intitulé ne me parle pas : je ne vois pas quel orgueil il y a à retirer du fait d'être homo, de même que je serais assez dérangé qu'un hétéro se proclame fier de l'être. Il y a quand même une marge entre "ne pas avoir honte" et "être fier".

De manière générale, je suis assez anti-communautariste et la gay pride Marche des fiertés me paraît constituer l'incarnation même du communautarisme : c'est la manif de la communauté gay, au sein de laquelle existent même un nombre assez important de sous-communautés reconnaissables à leurs propres chars : feujs gays, chrétiens gays, stewards gays (pléonasme), goudous gays (je m'embrouille un peu), bears, employés des industries minières et gazières (véridique, j'ai vu leur char) etc.

Mais je ne conteste pas l'utilité politique de la gay pride Marche des fiertés. D'un point de vue sémantique, autant je me sens peu concerné par la revendication du mariage gay, du droit d'adoption etc., autant la question de l'égalité des droits me parle vraiment. 800 000 personnes la réclamant pèsent dans le rapport de forces dont la loi est un jour l'expression. C'est ainsi que les choses avancent.

Alors hier, je suis allé à la gay pride Marche des fiertés. J'ai loupé le char du PS (j'aurais bien aimé voir le trésorier de ma section, et pas pour des raisons financières). Manque de bol, j'ai croisé à deux reprises le char de l'UMP. En toute objectivité (vous n'êtes pas obligés de me croire), le gay UMP (antinomie ?) est beaucoup moins beau que le gay PS ! J'ai d'ailleurs un peu de mal à comprendre comment on peut rester dans le parti de Boutin et de Vanneste...

Photo007Photo008Voici deux photos, prises avec mon téléphone, que j'aime bien parce qu'elles symbolisent, de manière assez touchante du reste, la dimension politique de la gay pride Marche des fiertés.

En plus, même Paris Hilton était à Bastille pour militer pour l'égalité des droits !!

Photo010 

La première fois que je fais autant d'audience

Audimat VilleneuveJe n'ai pas les yeux rivés sur les courbes d'audience de mon blog (d'ailleurs je serais bien en peine de consulter des courbes car mon seul instrument de mesure c'est le ptit compteur vert ci-dessus). Ca ne dicte en rien le contenu de mes billets (je ne suis pas TF1 une vulgaire chaîne de TV prête à tout pour faire de l'audimat, y compris à confier des émissions d'information (sic) à Charles Villeneuve). Compromissions ou pas, je ne suis même pas certain d'avoir envie d'attirer les foules.

Mais toujours est-il que ça n'est pas désagréable de se savoir lu et un minimum apprécié (sinon les gens, ils reviendraient pas, hein ?).

AudienceQuand j'ai commencé ce blog il y a un peu plus de six mois, j'avais à tout casser 4-5 visiteurs par jour, essentiellement les rares amis à qui j'en avais indiqué l'existence, ainsi que cacou. Puis j'ai commencé à commenter à droite à gauche, ce qui a rameuté un lectorat tournant autour de la trentaine de personnes par jour. Je trouvais ça énorme !

Compteur Pendant quelques semaines, le nombre de visiteurs quotidiens est ensuite monté à la soixantaine. Effet blogcrossing + mp3 de christophe de la Nouvelle star, je présume, la moyenne a récemment atteint la centaine.

Et hier, énorme surprise, j'ai d'un coup allégrement dépassé les 400 visiteurs ! (386 à 20 heures, après je suis rentré trop tard pour connaître le "score" final mais vu le rythme, ça a dû donner qqch comme 450). Le problème, c'est que je ne suis toujours pas geek, et je ne sais pas d'où vient tout ce beau monde. Dès que j'ai vu le ptit compteur vert tout pourri s'affoler, je me suis dit que je m'étais fait linker (je me suis même dit, à tort : "tiens matoo a dû me linker !"), mais je ne sais pas où, quand, ni comment.

Quelqu'un peut-il satisfaire ma curiosité ?

Mon premier vote de militant

Projet_ps Ayé, je viens de voter sur le projet du PS, dans ma section du 11e. Ca se passe un peu comme une vraie élection. On donne son nom au bureau à l'entrée (le ptit mec tout mignon a commencé par me demander mon prénom avant de se reprendre et de me demander mon nom, j'ai bien aimé !), puis on prend un bulletin avec des cases à cocher. Bon, en revanche ils ne demandent ni pièce d'identité, ni carte d'électeur ; on reçoit en outre un "bon pour voter" qui donne le droit d'enfiler son bulletin dans l'urne.

D'ailleurs, très curieusement, il y avait deux urnes distinctes, une pour les anciens, l'autre pour les nouveaux adhérents. Bien sûr, j'ai fait mon chieur et j'ai cherché une explication à cette distinction qui ne me paraît pas justifiée. Il paraît que c'est pour des raisons informatiques, le fichier des nouveaux adhérents étant sur un listing distinct...

Tf1 Toujours est-il qu'un militant qui pose des questions ça se remarque. Du coup je me suis fait alpaguer par les journalistes de TF1 qui traînaient, de même qu'à peine arrivé, Lci_logo c'est LCI qui m'avait sauté dessus (j'avais pas encore fait mon chieur pourtant !). Je n'ai jamais eu autant de demandes d'interviews que depuis que je suis au PS :-p

Langue_de_bois A l'issue de ma première réunion de section, j'avais refusé de répondre à leurs questions pour ne pas émettre devant la caméra des critiques sur le parti que je venais de rejoindre. Cette fois-ci, j'ai adopté une autre stratégie : la langue de bois. Car évidemment, ces fouines de journalistes, ce qui les intéresse, c'est les critiques de la part des nouveaux militants ; leurs questions sont clairement orientées en ce sens. Donc j'ai répondu franchement aux questions, sauf lorsqu'ils essayaient de me faire dire que le projet est pourri, que le candidat s'asseoira dessus etc., où là j'ai sorti un discours pas très éloigné de celui des instances dirigeantes...

Car évidemment, tout ne me convainc pas dans le projet (par ex. je vois pas l'intérêt de renationaliser à 100 % EDF dès lors que l'Etat reste majoritaire), certains points me paraissent assez Esperanto démago faute de financement correspondant, et j'ai halluciné devant certains amendements déposés par des militants (utilisation de l'esperanto à la place de l'anglais, suppression du mariage...). Mais entre avoir une opinon personnelle et la balancer devant les caméras de TF1, il y a un fossé qu'un devoir de réserve militant m'interdit de franchir.

En tout cas, je dois reconnaître que c'est tout sauf déplaisant de pratiquer la langue de bois devant les caméras du Groupe Bouygues ! Je me suis trouvé assez bon devant LCI, en revanche devant TF1 j'ai été un peu moins clair je pense, j'ai cherché un peu plus mes idées et mes mots. Le manque d'entraînement sans doute ! Je crois que j'ai loupé une carrière de porte-parole de quelque chose !

Fraisetagada J'ai pris un verre d'eau, j'ai dit au revoir au ptit mec au bureau à l'entrée et j'ai quitté le bureau de vote une fraise des bois tagada en bouche.

Si vous me voyez sur LCI ou TF1 faites moi signe, j'avais une veste marron en velour et une chemise à rayures, col ouvert.

[PS rajouté : on m'a aperçu dans le JT de TF1 en train de prendre mon bulletin auprès du ptit mec au bureau à l'entrée :-p]

La première fois que mes cheveux ont aussi bonne haleine

Aujourd'hui j'ai fait l'usine buissonnière [non je ne travaille pas en usine, c'est une expression, comme la mine ou le turbin]. Certes ça n'avait pas très bien commencé. J'ai un peu honte de le Volver confesser mais je n'ai pas réussi à faire la grasse matinée, à 8h30 j'étais réveillé. Du coup, j'ai fait pas mal de choses dès l'aube, puis ensuite j'ai réussi à débaucher M. pour aller voir Volver (ohlala comme j'ai aimé !) et manger un morceau en sortant (c'était à celui qui gargouillerait le plus pendant le film...). 2-3 trucs à régler dans le quartier latin puis retour à ieps chez ouam (à pieds chez moi, si jamais ma reum mère tombe là-dessus). Et comme il me restait du temps avant d'aller nager et d'enchaîner ce soir sur ma deuxième réunion de section (du coup, pas de post car c'est la 2e), je suis allé au chez le coiffeur.

Je ne sais pas si c'est le fait d'avoir récemment fréquenté des travestis, mais au lieu d'aller voir mon coiffeur habituel, je suis retourné pour la deuxième fois (ne cherchez pas la 1ère dans les archives, elle n'a pas fait l'objet d'un post) chez Renato Baldi (ils en parlent un peu ici ; ils en parlaient aussi dans le premier Têtu que j'ai acheté). Renato_baldi2

Renato Baldi c'est le nom du mari de Zaza Napoli/Michel Serrault dans la Cage aux folles. Quand il était petit, Renato, le patron du salon (c'est son vrai prénom), se faisait appeler "Renato Baldi" par les gamins dans la cour de recré. Y a-t-il un rapport de cause à effet ou d'effet à cause entre ces quolibets et son homosexualité ? Toujours est-il qu'il a ainsi baptisé son salon, qui se trouve juste à côté de chez moi. Je précise encore que Renato n'a rien à voir physiquement avec Uggo Tognazi [admettons que ça s'écrit comme ça], c'est un ptit brun plutôt mignon et avec deux beaux yeux noirs comme j'aime bien.

Renato_baldi Il y a plusieurs particularités chez Renato Baldi. Le décor tout d'abord, que je qualifierais arbitrairement de rose-disco. L'accueil ensuite, très sympa, un ptit coin salon pour attendre, avec Têtu et Voici posés sur la table ; on propose café ou verre de Coca. La coupe ensuite, qui se fait à sec [merci d'éviter de commenter graveuleusement ce point !]. En effet, ce n'est qu'une fois les cheveux (bien) coupés, qu'on a droit au shampooing. Et pas que shamppoing : c'est à un véritable massage du cuir chevelu que Renato se livre.

Comme mes cheveux étaient propres du matin, Renato a remplacé le shampooing par un soin dont je n'ai pas tardé à sentir les effets surprenants. Déjà, la manière dont ses doigts palpaient mon crâne me produisait un plaisir pas loin d'être orgasmique. Mais au bout de quelques secondes, à cela s'est ajoutée une fraîcheur intense qui s'est emparée de mon cuir chevelu. Une impression très curieuse, comme si j'avais mis dans ma bouche un Kisscool_1 kisscool à ce point mentholé que le frais serait remonté jusqu'aux racines de mes tifs. Waaaooooo.

American_crew Je ne suis pas parti sans acheter un flacon de ce soin miraculeux, qui s'applique aussi sur le corps m'a dit Renato.

Je songe à lancer une campagne de recrutement d'un masseur. Envoyez CV, références et lettre de motivation ici.

La première fois que je me fais autant chier au taf

Pffff c'est l'enfer aujourd'hui.

096032 J'ai les paupières lourdes. La fatigue accumulée depuis plusieurs semaines se fait ressentir maintenant que mon rythme de boulot se ralentit d'un coup. J'ai mal au dos à cause de cette connasse, hier à la piscine, qui nageait à contre-sens dans MA ligne. J'ai eu envie de la noyer après qu'on s'est violemment percutés (ben ouais je nage vite !). Je ne sais quel obscur attachement à la société civilisée m'en a retenu.

C_ennui_1Je me suis levé du pied gauche après une nuit encore trop courte. Je suis arrivé à 10h30 au boulot, imprégné de la moiteur du métro. J'ai glandé toute la matinée. J'ai déjeuné avec mon collègue qui ressasse toujours les mêmes trucs. Le peu de choses que j'ai à faire m'emmerde tellement que je ne le fais pas. Je traîne sur le net, je cause sur webmessenger avec Ben-qui-change-d'amoureux-toutes-les-semaines. By the way, Y. que j'étais censé rappeler à mon retour des Pays-Bas vient de me passer un coup de fil. Je crois qu'il m'a moyennement cru quand je lui ai dit que c'est à cause de mon trop de travail que je ne l'ai pas rappelé (pourtant c'est un peu vrai). Mais bon, de son côté, il a attendu un mois avant de prendre son tel et composer mon numéro.

Je me demande si je ne couve pas mon angine annuelle. Celle qui me cloue au lit avec 40 de fièvre, généralement quand il fait presque aussi chaud dehors ; celle qui m'empêche de déglutir tellement ma gorge est inflammée, avec ces points blancs au fond, dont on dirait qu'ils sont des aphtes ou des morceaux de glaviots collés à la muqueuse ; celle qui me donne l'impression que je ne passerai pas la nuit tellement je suis mal.

Je crois que je vais me barrer à 17 heures. Tiens, je viens ni demain, ni mercredi.

Vivement la fin du mois. Que ce taf finisse. Que je me repose. Que je passe à autre chose.

Ma première soirée trav

Hier chuis allé avec F. au resto. Comme on était près du Tango, on a dit banco, car le Tango c'est rigolo. [faites moi penser un jour à publier ici "mon premier poème", écrit à 7 ans, qui s'appelait "Charlotte". Ca commençait comme ça : "Charlotte aime la lotte mais pas les échalottes..."].

Tango2 Le Tango c'est rigolo car ça ressemble à une boîte homo clandestine des années 50 à Clermont-Ferrand, du moins à l'idée que je m'en fais.

Cage_aux_folles Hier soir, il se trouve que c'était soirée "travestis"... Je ne cache pas une réticence première : gamin, ma seule référence à l'homosexualité a été La cage aux folles, film dont je ne suis pas certain qu'il ait beaucoup contribué à ma relativement correcte acceptation de moi-même. L'idée de me retrouver cerné de Zaza Napoli ne m'enthousiasmait donc pas outre mesure.

Photo046 Finalement, je n'ai pas regretté. Vraiment on s'est bien marrés. Quelques remarques sur ma soirée :

- J'ai trouvé que les vêtements de femmes mettent en valeur le corps des mecs mais qu'en revanche perruque et maquillage parviennent à rendre assez laid un mec a priori mignon.

- J'ai été supris de voir qu'il y avait plusieurs jeunes mecs (moins de 25 ans) qui s'étaient habillés en femme. Je croyais que c'était plutôt un truc de vieilles folles que de minets.

Marina_fois - Je ne me suis pas fait un pote en disant à un trav qu'il ressemblait à Marina Foïs (j'aurais mieux compris l'inverse : que Marina se vexe qu'on lui dise qu'elle ressemble à un trav).

Photo051 - J'ai failli faire une gaffe monumentale en prenant une vraie fille (lesbienne tout de même) pour un trav. Des fois il y a de quoi s'y perdre entre travelos, filles masculines, garçon efféminés et filles déguisés en mecs (il y en avait quelques unes). Et je ne parle même pas des trans !

Tango - Y'a qu'au Tango qu'on roule des grosses pelles à un mec en dansant un slow. Une fois de temps en temps et pour peu d'avoir un ptit coup dans le nez, ben c'est pas désagréable !C'est pour ça que le Tango s'appelle "la boîte à frissons" ?

La première fois de nanaimo

J'aime bien son blog sur rien. Il m'a dit qu'on était un peu de la même famille bloguesque et ça me va :-)

Voici sa première fois :

La première fois que j’ai été surclassé en first sur un vol long courrier d’Air France

JAirfrance_1e fais partie de ces gens qui voyagent pour le boulot et (pourvu que ça dure) en classe affaire sur les vols transcontinentaux. Le surclassement sur Air France est toujours une bonne surprise qui vous tombe dessus au moment où l’on passe votre carte d’embarquement pour vous dans la petite machine qui la raccourcit et qu’elle se met à sonner. Ca fait toujours comme une petite angoisse, vous vous dites que peut-être vous vous êtes trompé d’avion, ou bien qu’un mandat d’arrêt international à été lancé contre vous par erreur parce qu’un homonyme s’est récemment livré à un crime affreux dans une chambre d’hôtel sordide dans laquelle il a oublié sa carte d’identité et que l’employé du ministère de l’intérieur a, dans la précipitation, édité un mandat incorrect à votre identité, pressé qu’il était de rejoindre ses collègues qui l’attendaient à la machine à café (j’ai toujours eu beaucoup d’imagination, j’ai toujours aimé perdre le lecteur à force de longues digressions aussi farfelues qu’inutiles…)

Le_dernier_nabab Mais non, quand le bidule sonne c’est plutôt bon signe, en général peu après il recrache la carte d’embarquement (burp) et l’hôtesse au sol vous en donne une autre « de première classe » qui a déjà été imprimée à votre nom en lettres d’or, sésame aérien qui vous confère désormais et pour les neuf prochaines heure un statut de nabab.

Le surclassement, on vous présente ça comme une faveur que l’on vous fait, même si la réalité des choses est que l’avion est plein à craquer et qu’on a déjà vendu votre fauteuil business à un autre heureux passager de classe éco tout content de se retrouver en classe affaire par hasard et pour le première fois. Il aura des étoiles dans les yeux devant la largeur des fauteuils, touchera à tous les boutons qui contrôlent l’inclinaison du siège et passera le vol à changer de film et à redemander du champagne. Les autres passagers de la classe affaire, blasés eux comme il se doit, lui jetteront des regards assassins quand il rira trop fort (le champagne sans doute) aux passages comique du film qu’il aura choisi de regarder….

Af_boeing La première fois que j’ai été surclassé en first c’était à bord d’un Paris Miami. Se retrouver en première c’est tout plein de petits bonheurs, notamment celui de dire « salut » au collègue avec qui vous voyagiez au moment où l’on vous indique le chemin vers le pont supérieur du 747. Ce moment est encore plus jouissif si par hasard votre collègue voyage en éco, vous pourrez alors lui lâcher un « bon voyage hein » avec un petit sourire en coin.

Air_france_prem La cabine de première dans un 747 d’Air France, isolée de toute les autres, est comme une petite forteresse de confort, bien plus exclusive que les deux premières rangées de tout autre avion. Si d’aventure un passager des autres classes essaie de s’aventurer dans l’escalier on se verrait assez bien lui jeter de l’huile bouillante pour repousser ses assauts ou a défaut la première cassolette de queue d’écrevisse disponible. Tout n’est que luxe calme et volupté et c’est tellement confortable ici, qu’on a du mal à imaginer qu’à l’étage du dessous dix fauteuils puissent coexister dans la largeur du fuselage.

Ce jour là, vient s’installer à coté de moi un cinquantenaire bedonnant (c’est inouï ce qu’il y a plus de cinquantenaires bedonnants que de top models ou de rock star dans les fauteuils chers des avions).

Il me salue et entame une conversation dont je ne sais pas à ce moment précis qu’elle durera plus longtemps que ce que je suis capable de supporter.

Nous avons affaire à un Voyageur Fréquent, un vrai, un abonné du long courrier, un briscard de la cabine haute contribution.

D’abord il m’explique que lorsqu’on a été surclassé, le savoir vivre consiste à ne pas le dire à son voisin, car en général ça le met en colère car lui il a payé plein pot. Il m’avouera peu après avoir été surclassé lui aussi.

Pendant les deux heures qui suivent, il me détaillera toutes les procédures d’approche de tous les aéroports où il est allé, m’expliquera comment reconnaître au premier coup d’œil un 747/200 du 747/300 ou du 747/400 (il travaille dans le domaine aérien).

Airfrance_caravelle Il fait partie de ceux qui on connu la première classe d’air France à la grande époque quand on s’y empifrait de langouste et de caviar servis par un maître d’hôtel en gants blancs et il regrette cette époque. Du coup il a décidé d’être pénible avec l’équipage. D’abord il se plaint de la marque du champagne (du Feuillatte, non mais vous vous rendez compte ….) avant de faire remarquer à l’hôtesse que le vin dont le menu semble sous entendre qu’il fait partie des grands crus classés ne figure absolument pas sur la liste de la classification de 1855 qui fait foi.

Je décide au bout de quelques heures de me réfugier lâchement dans un sommeil salvateur.

Af_hotesse_europe Depuis il m’arrive de temps en temps d’être surclassé en first, c’est toujours une bonne surprise. Parfois vient s’asseoir à coté de moi un voyageur un peu perdu visiblement surclassé pour la première fois. En général, je lui explique deux ou trois trucs, comme par exemple que le savoir vivre de première classe implique de ne jamais dire à son voisin que l’on a été surclassé, que nous nous trouvons dans un 747 400 et que c’est assez facile à reconnaître d’un 747-300 avec un peu d’habitude, avant de sonner l’hôtesse pour me plaindre de ce qu’il est inadmissible de servir du feuillatte sur Air France, et encore plus en première….

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octobre 2008

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