Mon premier meeting...
... c'était mercredi, et c'était Dominique Strauss-Kahn qui faisait son show au gymnase Japy (compte-rendu journalistique ici ou là).
Dans la course à l'investiture du PS (et a fortiori dans la course à l'Elysée), c'est DSK qui m'inspire le plus confiance, c'est celui que j'estime le plus compétent, le plus réaliste, le moins bidon. Du coup, ça m'intéressait de voir ce qu'il donnait "en vrai". Ca m'intéressait surtout d'assister pour la première fois à un meeting politique. Le fond et la forme.
Commençons par la forme. Les ficelles du meeting électoral sont grosses. Déjà, un bon candidat se fait attendre. Comme une star du rock, il est hors de question de commencer le concert meeting à l'heure initialement prévue. Il faut créer une impatience dans la salle surchauffée (non par l'ambiance mais par l'effet de serre inévitable dans un gymnase dont le toit est en partie en verre). Avec une heure de retard, le candidat arrive, mais pas comme vous et moi.
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Non, DSK se fait annoncer par un speaker ("Mesdames et Messieurs, Dominique Strauss-Kaaaaaahn") et il pénètre dans la salle sous les hourras, Anne Sinclair au bras, entouré d'une nuée de caméras, au son de Et c'est parti ! Les flashes crépitent, les mains applaudissent, tandis que le couple star fend la foule pour rejoindre la scène centrale. Et c'est parti pour le show, et c'est parti le stade est chaud, nanana na nanana. Bref, DSK au gymanase Japy, c'est un peu Johnny au Parc des Princes.
Avant le show, nanana na nanana, il y a une première partie. C'est la députée locale qui s'y colle, avec la gouaille d'une vendeuse d'aspirateur sur un marché, puis vient Jean-Paul Huchon, dont le ton religieux transforme le discours en sermon post-évangélique. Le gymnase résonnait alors comme une cathédrale. Quand il a terminé son prêche monocorde en prononçant la Sainte Trinité "Liberté, Egalité, Fraternité", un "Amen" s'est échappé de ma bouche. Mon éducation religieuse a laissé des séquelles.
Ensuite DSK a enfin pris la parole, pendant plus d'une heure, déambulant sur la scène micro à la main, sans note, et pourtant son intervention était très construite. Assez bluffant. Cela dit, là encore certaines ficelles sont assez grosses. Quelques phrases assassines sur la droite et son bilan calamiteux ravissent facilement le public. C'est de bonne guerre. Deux-trois attaques sur la démagogie sarkozienne et l'imposture de sa "France d'après" font immédiatement mouche, presque autant que la dénonciation des rémunérations scandaleuses des grands patrons qui refusent par ailleurs des augmentations au petit peuple salarial. On n'en attendait pas moins. Un ptit coup de France qui gagne au football ne mange pas de pain, tout comme le fait d'attendrir l'audience en évoquant ses jumeaux de petits enfants nés prématurés.
Une magnifique épouse, applaudissante, souriante et dévouée, donnant un verre d'eau au candidat quand sa gorge est sèche, est du meilleur effet. De même, une clique de jeunes militants acquis à la cause, prêts à entraîner le public à applaudir à tout bout de champ et à scander des "DSK président" en fin de discours est un élément important de succès.
En revanche, si un ancien premier ministre a le malheur, pendant votre meeting, d'aller causer au 20 h de TF1 pour annoncer qu'il aimerait bien qu'on le supplie d'être le candidat de la gauche, ça détourne l'attention des journalistes, et ça c'est mauvais. C'est ainsi que toutes les caméras ont pendant un certain temps été rivées sur les "lieutenants" strauss-kahniens qui, à l'écart du meeting, confiaient leurs réactions aux propos de Jospin. Oublié, DSK...
Ensuite, il faut un leitmotiv, un slogan façonnant le discours même si ça fait un peu "tarte à la crème". Celui retenu par DSK c'est "la France généreuse", autour duquel il a construit son intervention. On aborde alors le fond du discours (mais je serai plus rapide car cette note pourrait déjà s'intituler "La première fois que j'écris un post aussi long", et les posts trop longs, ça se lit pas).
Ce que j'en retiens, c'est que DSK s'interdit de promettre ce qui ne pourra pas être tenu, qu'il s'engage à tenir un discours de "vérité" sur le coût de sa politique et les moyens de la financer, qu'il se refuse à la démagogie fiscale (au point de passer très rapidement sur une question relative à la TVA...), qu'il n'occulte pas la responsabilité de la France ancienne puissance coloniale. Son point fort, à mon avis, est une vision économique claire, dont il fait l'axe de sa politique, ce qui ne l'empêche pas d'émettre certaines idées un peu plus originales que les poncifs habituels (par exemple, ne pas limiter les dépenses de la santé car c'est dans ce domaine que se situe l'économie du XXIe siècle ; ne pas mener une politique de soutien de la consommation mais de soutien de l'investissement car "1997 n'est pas 2007").
Les problèmes de la France étant essentiellement d'ordre économique (quand l'économie va, le reste a tendance à suivre), ça ne me paraît pas absurde d'élire le plus compétent en ce domaine. L'homme a en outre un certain charisme qui lui donne l'envergure nécessaire à l'exercice de la fonction.
Voilà, pour l'instant du moins, c'est mon candidat. En plus, Anne Sinclair est vraiment belle. Après douze ans de Bernadette ça nous ferait pas de mal de l'avoir comme first lady. Et puis elle présente tout de même mieux que François Hollande.












































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